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Colère des taxis après la mise en service d’UberPOP à Marseille, Strasbourg, et Nantes

UberPOP passe la seconde. Depuis ce lundi, les particuliers ont la possibilité d'accéder via leur smartphone aux services de chauffeurs professionnels à Marseille, Nantes, et Strasbourg. Jusqu’à présent, l’application fonctionnait à Paris, Lyon, Toulouse, Nice, et Bordeaux. 

Des tracts collés sur leurs taxis, des réunions Uber annulées à Marseille et Nantes. Les chauffeurs de taxi ont réagi avec vigueur à l’arrivée d’UberPOP dans trois nouvelles villes. Ils dénoncent une concurrence déloyale. "C’est carrément du travail au noir. Je ne comprends pas qu’Uber continue sa croissance malgré l’interdiction", s’est agacé sur BFMTV Khalid Mihande, membre du comité de défense des taxis en Loire-Atlantique.

Mais Uber France joue la montre et épuise tous les recours juridiques pour contester la loi Thévenoud, censée interdire son activité depuis octobre 2014. Les taxis sont à bout. Avec des tarifs défiants toute concurrence, UberPOP met en péril leur activité selon Khalid Mihande: "On va tous mettre la clé sous la porte car on ne va plus pouvoir payer nos charges sociales." Et un autre manifestant de renchérir: "Monsieur tout le monde, quand il a fini son travail, prend sa voiture personnelle. Il a son téléphone et son application et il ramasse les gens dans la rue. Il emmène les gens au restaurant, chez eux, à la gare, en boite de nuit (...) Il fait du taxi clandestin légalisé".

Des réunions Uber empêchées à Marseille et Nantes

La grogne des taxis a donné lieu à des opérations musclées ce lundi. Une cinquantaine de chauffeurs a envahi un hôtel de la cité phocéenne pour empêcher la tenue d’une réunion de recrutement Uber. Scénario similaire à Nantes où une opération du même genre était organisée par UberPOP. "Chaque fois qu’il y aura une réunion, on mobilisera tous les taxis et on interdira (…) les sessions de recrutement", prévient un chauffeur marseillais en colère.

Pour faire caler Uber, les taxis en appellent également aux pouvoirs publics. "Le préfet du Nord a clairement donné sa position. Un arrêté préfectoral le 27 mai a été édité pour interdire ces pratiques. Cette application n’a pas le droit d’exister. Nous demandons au préfet (des Bouches-du-Rhône) de faire la même chose", a par exemple déclaré Rachid Boudjema, membre du syndicat des taxis marseillais.

Mais Uber n’a pas peur du représentant de l’Etat. Invité de BFMTV ce lundi, le directeur général d’Uber France conteste ce premier arrêté préfectoral. "C’est le juge qui applique la loi et qui décide quelle est son interprétation", a déclaré Thibaud Simphal. Le principal pour nous, c’est de répondre à une très forte demande des Français. (Cette dernière) étant tellement forte, on n’a pas intérêt à attendre." Uber revendique actuellement un million d'utilisateurs en France. Et malgré la route de plus en plus sinueuse, l'entreprise entend continuer d'appuyer sur le champignon...

Jérôme Morin avec Antoine Heulard, Alexis Pluyet, Antoine Sarrailh, Pierre Emmanuel Beucet