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Bâtiment : les artisans en colère

Les professionnels du bâtiment appellent l'Etat à réagir et à relancer des chantiers de construction et de rénovation

Les professionnels du bâtiment appellent l'Etat à réagir et à relancer des chantiers de construction et de rénovation - -

Les artisans du bâtiment vont manifester ce vendredi alors que le secteur est touché de plein fouet par la crise. En termes d’emploi, les difficultés du bâtiment représentent « un Florange par jour », selon un représentant des artisans.

Les artisans seront dans la rue, ce vendredi, devant toutes les préfectures de France et l’Assemblée nationale à Paris, pour exprimer leur colère et leur peur. Selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), 12 000 emplois auraient été perdus en 2012 et 40 000 autres seraient menacés entre 2013 et 2014, crise de la construction oblige.
La Capeb proteste également contre la TVA qui passera à 10 % pour les travaux de rénovation en 2014, l'augmentation de la cotisation foncière des entreprises (CFE), la concurrence déloyale qui s'est accrue avec les auto-entrepreneurs qui ont gardé leurs avantages, le travail dissimulé et le développement des entreprises « low-cost » qui ne respectent pas la législation française.

« Un Florange par jour »

Résultat, les emplois disparaissent par milliers dans l’indifférence la plus totale, regrette Patrick Liebus, le président de la CAPEB. « C’est un Florange par jour ! Quand on regarde les chiffres de Florange, chaque jour, vous avez des salariés qui disparaissent dans les entreprises du bâtiment, et personne ne se pose de questions. J’ai envie de dire « réveillez-vous, prenez conscience de notre situation, qui est catastrophique ! ». Une situation telle que celle-ci, nous ne l’avons jamais connue. Ce sont des entreprises qui disparaissent, donc il faut se réveiller, réagir, travailler sur le logement, la construction de neuf, la réhabilitation, pour nous permettre de pouvoir travailler. Prenez conscience qu’on a véritablement un rôle économique important à jouer dans ce pays ».

« Un échec pour moi »

Eric Châtelain, 60 ans, est artisan peintre décorateur à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. Faute de clients et de chantiers, il a dû récemment céder ses locaux d'entreprise pour réduire ses dépenses. « J’ai récupéré, dans mon sous-sol, un local, j’en ai fait mon bureau. Savoir que mon entreprise est revenue dans mon garage, c’est un échec pour moi », avoue-t-il. La crise l’a frappé d’un seul coup. En 2011, il a dû licencier trois salariés, puis deux autres l’été dernier. « J’ai eu jusqu’à sept ou huit gars, mais là, je suis en train de me dire que je ne reprendrai personne. Si je n’avais pas du travail pour une semaine, deux semaines ou trois, j’en prendrais mon parti, mais là on ne voit même pas à trois, quatre ou cinq mois ! Il faut absolument que je retrouve un autre travail. Ça, c’est ma passion, mon métier, c’est ma vie ! »

Mathias Chaillot avec Antoine Perrin