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Attaque du RER D : du sursis et de la colère

Des policiers patrouillent dans la gare de Grigny-Centre, une vingtaine de jeunes gens avaient pris d'assaut plusieurs rames du RER D, le 16 mars.

Des policiers patrouillent dans la gare de Grigny-Centre, une vingtaine de jeunes gens avaient pris d'assaut plusieurs rames du RER D, le 16 mars. - -

Ils avaient détroussé en mars les usagers d'une rame de RER D en gare de Grigny. 10 adolescents ont été condamnés mardi soir à du sursis, ou ont reçu des avertissements solennels. Colère de la droite.

On avait à l’époque parlé « d’attaque de diligence ». Le procès de l'attaque du RER D par des adolescents en gare de Grigny, dans l’Essonne, s'est soldé tard mardi soir par des avertissements et des condamnations à du sursis. 11 adolescents étaient jugés. Cinq jeunes ont été condamnés à des peines de prison avec sursis dont trois à 10 mois, les autres ont reçu de la part du tribunal des avertissements solennels, une mesure de protection judiciaire ou 70 heures de travaux d'intérêt général (TIG). Un seul prévenu parmi les onze jeunes âgés de 15 à 17 ans a été relaxé.
Des peines qui suscitaient ce mercredi la colère de responsables politiques de droite. D’ailleurs, le parquet avait requis des peines bien plus lourdes allant de 12 à 24 mois avec, pour certaines d'entre elles, de la prison ferme allant de trois à six mois.

« Un permis de récidive »

« Comment après un tel acte d'une bande organisée, le tribunal peut-il seulement prononcer un "avertissement" solennel au nom du peuple français à l'égard de certains de ces voyous ? », s’interroge Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP en charge de l'emploi des forces de sécurité. « Derrière cette razzia, il y a des victimes, qui elles n'ont pas eu du "sursis" par rapport au traumatisme qu'elles ont subi », déclare-t-il. Valérie Pécresse, chef de file de l'opposition UMP au conseil régional d'Ile-de-France, députée des Yvelines, estime « qu'au regard de la violence de l'attaque », qui selon elle « a marqué et inquiété » des millions d'usagers des transports en commun, ce jugement « crée le malaise ». « Les peines prononcées sont clairement un encouragement à continuer et à recommencer, c'est en fait un "permis de récidive" », estime pour sa part le Front National. « Les magistrats d'Evry, qui ont dû participer à l'élaboration du "Mur des cons" (du Syndicat de la magistrature, NDLR), prennent une très grave responsabilité », ajoute le FN dans un communiqué.

« Une enquête faite avec une grande précipitation »

L'un des avocats de la défense, Me Laurent Caruso, s'est dit au contraire « rassuré qu'un tribunal soit capable de trouver la conséquence d'un dossier qui n'apporte pas de preuves ». Au fil des deux jours d'audience, les avocats de la défense n'ont pas manqué de relever les pressions « médiatique et politique » autour de ce fait divers. « Il fallait trouver des personnes responsables des agressions », a jugé Me Caruso. Son confrère, Me Arnaud Simonard, avait lui déploré « une enquête faite avec une grande précipitation sous la pression du ministre de l'Intérieur Manuel Valls ».

Ce qu'il s'est passé le 16 mars|||

Trois attaques étaient reprochées à ces adolescents qui habitent la cité sensible de Grigny 2: les 13, 15 et surtout celle du 16 mars, qui avait défrayé la chronique par son ampleur. Au cours de celle-ci, qui s'était déroulée peu avant 23h, une vingtaine de jeunes gens aux visages dissimulés derrière des écharpes ou des capuches avaient pris d'assaut, à la gare de Grigny, plusieurs rames d'un RER D. Ils avaient rançonné les passagers, contraints de leur remettre téléphones portables, portefeuilles et sacs à main. Certains avaient été frappés, mais il n'y avait pas eu de blessé grave.

Philippe Gril avec AFP