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Maison squattée pour la 3ème fois à Toulouse: la fille du propriétaire dénonce une "loi mal faite"

"Je comprends pas pourquoi c'est à nous, victimes, de nous battre", s'indigne sur BFMTV Marie-Ange Dematis, la fille de Georges Dematis, dont la maison secondaire est squattée pour la 3e fois.

La maison du père de Marie-Ange Dematis est squattée depuis une semaine à Toulouse. Ce mardi, sur l'antenne de BFMTV, elle a raconté ce cauchemar qu'elle vit avec son père de 84 ans pour la troisième fois.

"Ils sont une quinzaine. Ils sont rentrés mardi 19 octobre vers 13 heures, ils ont cassé le portail avec des grosses scies circulaires et la grille sur la porte d'entrée", relate-t-elle, fatiguée. Son père avait muré la maison dans l'espoir de décourager les squatteurs, en vain.

"Des occupants hostiles"

"Ce ne sont pas les mêmes", précise sa fille. "La première année, c'était des Roumains donc des réfugiés politiques. La deuxième année, c'étaient des Afghans donc des réfugiés politiques, mais (...) on avait discuté très gentiment donc ils étaient partis", se souvient-elle. Quant aux squatteurs du moment, ce sont des personnes de "25-30 ans", "d'ultra-gauche" et "sans enfants", affirme Marie-Ange Dematis.

Selon elle, il est "impossible de parler avec eux. Ils insultaient les personnes et, apparemment, ils ont même envoyé des pierres" lundi soir sur le groupe de citoyens venu la soutenir. Le commissariat de Toulouse abondait lundi, évoquant des "occupants hostiles". Marie-Ange Dematis se dit épuisée par ces incursions répétées dans la maison de son père. "Ça fait quatre ans qu'on essaie de vendre", se désespère-t-elle sur BFMTV.

Les forces de l'ordre impuissantes

"Les forces de l'ordre ne peuvent pas intervenir parce qu'il y a un texte dans le code pénal qui dit que si elles interviennent sans concours de la force publique, donc sans décision du préfet, elles se rendent elles-mêmes coupables de violation de domicile", décrypte Romain Rossi-Landi, avocat en droit immobilier, invité sur notre plateau.

Les squatteurs semblent être des habitués. Ils ont installé un cadenas sur le portail et placardé un écriteau: "Ceci est notre domicile ainsi que notre résidence principale. En tant que résidents, nous sommes protégés par la loi. Agir hors du cadre procédural, c'est heurter les principes du droit français de l'inviolabilité du domicile selon l'article 432-8 du Code pénal etc."

"Les squatteurs se fondent sur la jurisprudence de la Cour de cassation qui dit que le domicile, c'est l'endroit où vous décidez de vous installer. Les squatteurs, intelligement, jouent là-dessus", précise Romain Rossi-Landi.

"Pourquoi c'est à nous, victimes, de nous battre"

"La loi est mal faite. Nous avons porté plainte deux fois, nous avons fait tout ce qu'il fallait en notre pouvoir. C'est une violation de domicile, je ne comprends pas pourquoi c'est à nous, victimes, de nous battre! C'est anormal, c'est notre domicile, on devrait pouvoir y entrer!", s'indigne la Toulousaine.

Mardi soir, le préfet de la Haute-Garonne annonce le "déclenchement de la procédure d'expulsion accélérée". "Le propriétaire de la maison a saisi ce jour le préfet, lequel a immédiatement déclenché la procédure d’expulsion accélérée pouvant conduire si nécessaire à l’évacuation des lieux, par décision administrative telle que prévue par la loi", stipule le communiqué de presse auquel BFMTV a eu accès.

Pour Marie-Ange Dematis, l'essentiel est qu'ils soient chassés de la maison de son père au plus vite. "Je me bats pour que ça soit possible", souffle-t-elle.

Diane Regny