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Lyon: l'étudiant immolé toujours en coma artificiel

Une manifestation étudiante à Lyon, mardi 12 novembre 2019.

Une manifestation étudiante à Lyon, mardi 12 novembre 2019. - Philippe Desmazes / AFP

L'étudiant de 22 ans s'est immolé par le feu le 8 novembre dernier. Selon ses proches, son état est "stationnaire" depuis plusieurs jours.

L'étudiant qui s'est immolé par le feu le 8 novembre pour dénoncer sa précarité et celle d'autres étudiants, est toujours placé en coma artificiel et se trouvait lundi dans un "état stationnaire", a-t-on appris auprès de ses proches.

"A. (son nom est préservé à la demande de sa famille) est en coma artificiel et son état se stabilise", a déclaré Louise Bihan, une amie et militante au syndicat Solidaires de l'université Lyon 2.

Des mobilisations partout en France

D'autres proches de l'étudiant ont créé, avec l'accord de la famille, un compte de soutien sur les réseaux sociaux dans lequel ils ont indiqué que l'étudiant "est plongé sous anesthésie profonde depuis son arrivé à l'hôpital. Son état est stationnaire depuis quelques jours. Il s'accroche et se bat".

L'étudiant de 22 ans, qui s'est immolé devant le siège du Crous à Lyon le 8 novembre, a évoqué dans une lettre ses difficultés financières - il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence - et dénoncé la précarité dans laquelle sont plongés nombre d'étudiants.

En début de semaine dernière, ce drame a provoqué des mobilisations parfois ponctuées d'incidents sur des campus à Paris, Lyon où Lille. A Lyon 2, où le campus de Bron a été plusieurs fois bloqué par des étudiants la semaine dernière, une assemblée générale est prévue mardi pour décider de nouvelles actions éventuelles.

Une cagnotte de soutien

Dans un entretien au Monde en fin de semaine dernière, la présidente de l'université, Nathalie Dompnier, avait affirmé "avoir de plus en plus d'étudiants dans des situations très difficiles".

"Des étudiants dorment dehors, sont en fragilité sur le plan de leur santé, ils n'ont plus les ressources pour vivre décemment ; des étudiants ne peuvent assister à des cours car ils doivent travailler. Nous avons aussi des étudiants qui ont faim", a-t-elle déclaré, appelant à "des réflexions de fond sur les conditions d'étude au niveau de l'Etat".

Des proches d'A. ont lancé une cagnotte de soutien pour l'étudiant en sciences politiques et sa famille.

B.R. avec AFP