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Lubrizol: également pointée du doigt, l'entreprise Normandie Logistique riposte

Selon un rapport de la DREAL, l'entreprise voisine de l'usine sinistrée a commis "plusieurs infractions pénales" qui, selon leur avocat, n'aurait toutefois rien à voir avec le départ de l'incendie et sa propagation.

En début de semaine passée, l'entreprise Normandie Logistique, voisine de la société Lubrizol à Rouen qui a été le théâtre le 26 septembre dernier d'un spectaculaire incendie, a été épinglée par un un rapport de la directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL), selon lequel la société a commis "plusieurs infractions pénales." Selon nos infirmations, elles seraient au nombre de huit.

"Le rapport d'inspection sur Normandie Logistique, suite à l'accident, a été finalisé hier. J'ai transmis mes conclusions au préfet, à la ministre et (...) j'ai également transmis au parquet un procès verbal comportant le relevé de plusieurs infractions pénales", a indiqué Patrick Berg devant la mission d'information de l'Assemblée nationale sur cette catastrophe.

"Aucun rapport avec l'origine du sinistre"

A BFMTV, Me Thomas Carrera, avocat de Normandie Logistique, tempère ces accusations. Pour lui, "il n'y a aucun rapport entre les éléments relevés dans ce rapport d’inspection de la DREAL du 22 octobre dernier et l’origine du sinistre ou sa propagation".

Parmi les faits reprochés et que l'entreprise conteste, Normandie logistique n’aurait pas contrôlé ses détecteurs à incendie en 2019. Pas considérée comme une "Installation classée pour la protection de l’environnement", elle n'aurait pas non plus cessé son activité d'entreposage de produits Lubrizol depuis l'incendie. Seul problème: ses bâtiments seraient situés à plus de 100 mètres d'un point d'eau à incendie.

Toutefois, l'homme de loi a également souligné que "les dirigeants de Normandie Logistique sont des gens sérieux, ils répondront de manière sérieuse, argumentée, détaillée, avec des éléments de preuve concis à l’appui, à l’intégralité des écarts contestés et contestables qui sont présentés par la DREAL".

"Normandie Logistique ne peut que regretter ces insinuations"

Ce jeudi déjà, Normandie Logistique avait estimé, via un communiqué, "qu'il n'appartient pas à la Dreal de qualifier une infraction de 'pénale', mais aux autorités judiciaires".

L'entreprise "regrette que l'administration confonde les sujets et sorte de ses prérogatives pour désigner Normandie Logistique comme bouc émissaire en semant la confusion dans un dossier déjà complexe. Normandie Logistique ne peut que regretter ces insinuations", poursuit le communiqué.

D'après l'entreprise, les déclarations de Patrick Berg reposent sur un rapport envoyé mardi par la DREAL, qui est un service de l'Etat, à la suite de deux inspections des 30 septembre et 7 octobre. L'entreprise, se basant sur la réglementation, dit disposer "d'un délai pour répondre et s'expliquer". 

Hugo Septier