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Lubrizol: un mois après l'incendie, les riverains réclament plus de transparence et s'organisent

L'association Rouen respire a décidé d'organiser elle-même des prélèvements dans le voisinage direct de l'usine incendiée.

Un mois après le sinistre, l'État a annoncé vouloir mener une "enquête de santé" auprès de la population qui était sous la fumée de l'incendie de Lubrizol à Rouen. "L'objectif de l'enquête de santé déclarée de population générale" qui sur le terrain doit démarrer en mars, est "de mesurer les nuisances qui ont été vécues par les personnes exposées."

Seul problème, cette enquête ne comportera pas de prélèvements sanguins dans l'immédiat, une annonce mal reçue par les Rouennais et EELV, qui qualifie cette annonce de "scandaleuse."

Alors en guise de réponse, les riverains s'organisent. Peu après le sinistre, des associations et collectifs citoyens se sont montés, dont Rouen respire, qui regroupe à l'heure actuelle 1500 adhérents.

"On n'y croit pas"

A BFMTV, Aurélie Liebman, la présidente, explique pour quelle raison les riverains restent méfiants. "Les résultats donnés ne sont pas lisibles pour le citoyen. La vision est tellement idyllique que nous on n’y croit pas. Aujourd’hui, on veut se doter d’experts afin de convertir les données pour les citoyens", explique-t-elle.

De fait, l'association organise elle-même des analyses dans le voisinage. "Avec un huissier on réalise des prélèvements de suie ou de débris récupérés dans les jardins, et en fonction des résultats on va réorienter les analyses à faire. On a un site, les gens peuvent devenir adhérents et on les oriente en fonction de ce qu’il y a dans leur jardin", souligne-t-elle. 

"On a des médecins, biologistes, toxicologues dans notre équipe et on fait des prélèvements avec des prises de sang et on commence dès maintenant, on va communiquer bientôt et pas en mars", prévient encore Aurélie Liebman.

En ce qui concerne le financement de ces prélèvements, l'association a créé une cagnotte Leetchi et espère bien le support "d’entreprises ou de collectivités."

Hugo Septier