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"Loi pour une école de la confiance": comment va fonctionner l'auto-évaluation des collèges et lycées?

(Image d'illustration) Une classe de collégiens lyonnais, le 2 septembre 2010 le jour de la rentrée scolaire.

(Image d'illustration) Une classe de collégiens lyonnais, le 2 septembre 2010 le jour de la rentrée scolaire. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

La "loi pour une école de la confiance", projette l'évaluation de tous les collèges et lycées de France sur cinq années. Une partie de ce diagnostic sera établie par les établissements scolaires eux-mêmes.

La "loi pour une école de la confiance" a été adoptée en première lecture mardi par l'Assemblée nationale. Outre l'obligation d'instruction dès l'âge de 3 ans, elle consacre le "Conseil d'évaluation de l'école" (CEE), dans le cadre d'une évaluation nationale de tous les collèges et lycées de France sur cinq ans.

"Il me semble que l'essentiel est d'avoir une grille d'évaluation de notre système éducatif. Nous sommes les seuls dans l'OCDE à ne pas encore l'avoir mis en place. L'objectif est clair pour nous: améliorer le fonctionnement de notre École", déclare la rapporteure (LaREM) du texte de loi, Anne-Christine Lang, sur LCP.

Au bout de cinq ans, à la suite de ces évaluations, les collèges et lycées devront avoir formulé leur nouveau projet éducatif et pourront constater les premiers progrès faisant suite aux changements apportés en interne.

Les élèves et parents consultés

D'après la députée de Paris, contactée par BFMTV, l'établissement scolaire devra, d'abord en interne, faire un premier bilan de ses compétences, en associant le chef d'établissement, l'équipe pédagogique, les parents d'élèves et les élèves eux-mêmes.

"Il s'agit d'un travail réflexif commun, d'une évaluation collective" qui, pour Anne-Christine Lang, sera en plus "formateur" pour les élèves, dont l'avis sera pris en compte: "il est important que tous les élèves participent".

La forme que ces auto-évaluations prendra n'a pas encore été arrêtée. D'après la rapporteure LaREM, elle sera en partie laissée à l'appréciation des établissements, bien qu'une fois monté, "le CEE pourrait leur donner un guide méthodologique", pour cadrer les évaluations.

Des équipes d'experts "formés à l’évaluation"

D'autre part, un diagnostic sera réalisé par une équipe d'évaluation composée notamment d'inspecteurs généraux. Chaque équipe sera composée de quatre évaluateurs effectuant chacun cinq évaluations par an, selon les premières propositions. "L'idée c'est qu'ils arrivent dans les établissements, et que ceux-ci aient déjà préparé quelque chose en amont", explique la députée. L'équipe d'évaluation "accompagnera ensuite l'établissement sur cinq ans".

Selon le texte de loi, les équipes d'évaluateurs pourront être associées avec "des représentants des usagers ayant un lien avec l’environnement des établissements tels que des parents d’élèves, des chefs d’entreprises et/ou des représentants de collectivités locales" qui pourront "apporter leur regard sur les aspects vie scolaire, communication et qualité des relations externes".

Le CEE, cadre méthodologique

"Ce qui est très nouveau avec cette loi, c'est que tous les établissements seront évalués dans les cinq ans, alors qu'auparavant seuls quelques-uns l'étaient", rappelle Anne-Christine Lang, qui souligne le caractère "exhaustif" du texte.

Ces diagnostics seront encadrés par le conseil de l'évaluation de l'école. Il n'évaluera pas directement les établissements scolaires, mais "aura pour mission de produire le cadre méthodologique et les outils d’évaluation régulière" des collèges et lycées, explique le projet de loi. Ce conseil ne sera pas mis en place tout de suite, "pas avant 2020", déclare la députée de Paris.

Mais il est déjà critiqué par l'opposition, qui dénonce la présence de quatre représentants du ministère de l'Éducation nationale en son sein. Elle "entraînerait la sur-représentation de l'exécutif et poserait des problèmes d'indépendance", selon la députée LFI Danièle Obono.

Pour contrebalancer ce pouvoir, six personnalités qualifiées dans le domaine de l'éducation, ainsi que quatre parlementaires (deux du Sénat, deux de l'Assemblée nationale) seront également membres de ce Conseil.

Salomé Vincendon