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Vivez-vous dans un logement surpeuplé?

4 familles sur 10 à Paris vivraient dans un logement étriqué.

4 familles sur 10 à Paris vivraient dans un logement étriqué. - AFP

La Fondation Abbé Pierre publie ce mardi son rapport annuel sur le mal-logement. En France, près de quatre millions de personnes se trouvent en situation de mal-logement, et plus de 12 millions sont "fragiles" avec des difficultés pour payer son loyer par exemple.

Cinq années de lutte contre le mal-logement en "demi-teinte". La Fondation Abbé Pierre publie ce mardi son rapport annuel, le dernier du quinquennat de François Hollande. Et malgré les efforts réalisés par le gouvernement et les lois adoptées sur le sujet, "le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d'augmenter" en 2017. 

Près de quatre millions de personnes sont mal logées, c'est-à-dire qu'elle sont soit privées de logement personnel soit vivent dans des conditions de logement très difficiles, et plus de 12 millions sont "fragilisées par rapport au logement", à cause de loyers impayés ou vivant dans une copropriété en difficulté par exemple. Le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 50% entre 2001 et 2012, celui des personnes hébergées par un tiers de 19% entre 2002 et 2013. 

Logement trop étriqué

Ces dernières années, les difficultés rencontrées pour se loger se perçoivent également par une autre tendance: "le surpeuplement accentué", c'est-à-dire lorsqu'il manque deux pièces ou plus dans un logement trop étriqué par rapport au nombre de personnes. Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, déplore "une augmentation alarmante", dans Le Parisien.

Le phénomène de "surpeuplement accentué" se définit selon plusieurs critères. La Caisse d'allocations familiales (CAF) considère que pour vivre une personne seule doit disposer d'au moins 9 m², 16m² minimum pour deux personnes. La Caisse estime ensuite qu'il faut 8m² par habitant supplémentaire, soit 32m² pour un couple avec deux enfants.

Paris principalement concernée

L'Insee, elle, se base sur le nombre de pièces dans le logement. Pour un couple, l'institut d'études considère qu'un logement décent pour un couple est composé au minimum d'un salon et d'une chambre puis d'une seconde chambre pour deux enfants, à condition qu'ils soient du même sexe ou sont âgés de moins de sept ans. A l'inverse, une chambre par enfant est nécessaire, soit un quatre pièces pour une famille avec un garçon et une fille.

La principale zone touchée par ce phénomène est l'Ile-de-France. Selon le rapport, on y trouverait la moitié des logements surpeuplé avec 136.000 foyers concernés sur 2180.000 au total en France. A Paris, avec notamment l'explosion des loyers, ce sont quatre familles sur dix qui vivraient à l'étroit, s'entassant à plusieurs par pièces. Principales victimes: les enfants qui sont nombreux à partager leurs chambres.

Justine Chevalier avec AFP