BFMTV

Les Français pourront-ils voyager librement en Europe cet été?

Une décision entre les pays européens doit être prise autour du 15 juin pour lever de manière coordonnée la fermeture des frontières décidée en quelques jours à la mi-mars pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Toutefois, certains pays, comme la Grande-Bretagne, menacent d'imposer une quarantaine aux citoyens français.

Après deux mois de confinement, et une levée des restrictions de déplacement qui s'accélère avec la phase 2 du déconfinement ce mardi 2 juin, les Français ont les yeux désormais rivés sur leurs futures vacances. Cet été, il sera possible de voyager en France alors que toutes les plages, les lacs, mais aussi une très grande majorité des musées et monuments, sont désormais rouverts. Pour ceux qui ont des envies plus lointaines, il faudra attendre la mi-juin pour connaître les possibilités. 

Lors de sa présentation de la phase 2 du plan de déconfinement le 28 mai, le Premier ministre a indiqué sa volonté de laisser les Français voyager en Europe, mais dans le respect d'une coordination avec les autres pays. "Ça n’a pas de sens de le faire pays européen par pays européen, il faut le faire collectivement et appliquer cette règle collectivement", a expliqué Edouard Philippe, indiquant que cette discussion devait aboutir à une décision autour du 15 juin. La Commission européenne et plusieurs pays de l'espace Schengen ont insisté pour une levée coordonnée des frontières.

"Au niveau européen, c'est autour du 15 juin que la plupart des Etats-membre prendront des mesures de restriction des contrôles, de levée des frontières fermées, a redit ce mardi sur Cnews Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Il y aura cette capacité à pouvoir circuler en Europe cet été, je suis confiant."
  • Espagne, Italie, Allemagne

Certains pays européens, en mal de touristes, ont déjà annoncé une réouverture des frontières. Ce sera le cas de l'Italie, où il n'y aura pas de quarantaine obligatoire, dès le 3 juin pour les citoyens d'un pays de l'Union européenne ou de l'espace Schengen. La petite principauté d'Andorre a déjà rouvert sa frontière avec la France le 1er juin et l'Espagne fera de même le 1er juillet. Les archipels des Baléares et des Canaries pourraient d'ailleurs être accessible dès la mi-juin dans le cadre d'un test des autorités espagnoles. Interrogés il y a quelques jours, les ministres de l'Intérieur français et allemand ont eux indiqué que la frontière entre les deux pays serait rouverte sans restriction à partir du 15 juin. 

Face à l'optimisme affiché par le gouvernement français, d'autres pays, moins touchés par l'épidémie, restent pour l'instant peu enclins à accueillir les Français. Ainsi, la Grèce a annoncé la réouverture de certains de ses aéroports à partir du 15 juin mais son territoire ne sera accessible qu'à une quinzaine de pays de l’Union européenne sur vingt-sept. Les ressortissants français, comme les Espagnols, les Italiens et les Britanniques, dont les pays ont les plus touchés par l'épidémie, sont exclus de cette liste. Toutefois, le gouvernement grec n'exclut pas d'élargir cette liste d'ici le 1er juillet, et l'ouverture de tous les aéroports du pays.

  • Les Français persona non grata

Les Français sont également persona non grata au Royaume-Uni. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé en effet la mise en place d'une quarantaine imposée aux étrangers à partir du 8 juin. "Nous avons des contacts suivis avec le gouvernement britannique, parce que dans une logique de réciprocité, nous serions obligés d'imposer la même chose à ses ressortissants", a fait savoir Jean-Baptiste Lemoyne, alors que les Britanniques sont au nombre de 14 millions à venir en France chaque année. 

Autre pays à refuser l'accès aux Français pour l'instant: la Belgique. Les voisins belges ont pour l'heure décidé d'ouvrir ses frontières à trois pays limitrophes (Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne) mais pas à la France. L'Autriche impose elle aussi une quarantaine aux Français, et a seulement rouvert entièrement sa frontière avec l'Allemagne. Même politique au Danemark, où l'accès libre au territoire est seulement permis aux Allemands, Norvégiens et Islandais.

  • Un travail en cours pour les DOM-TOM

Le Quai d'Orsay a mis en ligne une page permettant de connaître toutes les restrictions pour entrer dans les différents pays, alors qu'une ouverture des frontières avec le reste du monde n'est pour le moment envisagée que dans un temps long. "Ca va être plus long, il faut être honnête, confirme Jean-Baptiste Lemoyne. Autant les frontières intra-européennes vont se lever autour du 15 juin, autant celles entre l'Union européenne et le reste du monde risque de rester fermer quelques semaines supplémentaires." Le gouvernement évoque la période de mi-juillet alors que près de 180 pays ont mis des conditions d'accès restrictives aux Français.

Les Français sont invités à privilégier un tourisme bleu-blanc-rouge mais les accès aux territoires ultra-marins sont également difficiles face à l'équation entre la sécurité sanitaire et la relance économique. Les vols entre la Guadeloupe et la Martinique ont repris progressivement ces derniers jours alors qu'une quatorzaine avait été imposée entre les deux îles. Cette mesure est toujours appliquée pour les voyageurs venus de métropole dans l'ensemble des DOM-TOM. Le gouvernement assure travailler sur des dispositifs alternatifs. Une réflexion qui concerne également la Corse tandis que les restrictions de circulation entre la métropole et l'Ile de Beauté sont maintenues jusqu'au 23 juin. Provoquant une levée de bouclier des élus corses.

Justine Chevalier