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Les fausses ingénues de Louis Vuitton

Le top-model britannique Kate Moss présente une création de la collection de l'hiver prochain de Louis Vuitton, vouée aux obscurs objets du désir. /Photo prise le 9 mars 2011/REUTERS/Benoît Tessier

Le top-model britannique Kate Moss présente une création de la collection de l'hiver prochain de Louis Vuitton, vouée aux obscurs objets du désir. /Photo prise le 9 mars 2011/REUTERS/Benoît Tessier - -

par Pascale Denis PARIS (Reuters) - Au dernier jour des défilés parisiens de prêt-à-porter, Louis Vuitton, fleuron du groupe LVMH, a livré mercredi...

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Au dernier jour des défilés parisiens de prêt-à-porter, Louis Vuitton, fleuron du groupe LVMH, a livré mercredi une collection vouée aux obscurs objets du désir.

Jouant sur différents registres, celui du pensionnat ou de la femme de chambre, le styliste Marc Jacobs a choisi pour cadre l'univers des hôtels et les fantasmes qu'ils sont censés nourrir.

Aux abords de la tente dressée dans la cour carrée du Louvre, le public était accueilli par des soubrettes en petit tablier blanc. Le défilé se déroulait autour d'une cage d'escalier d'un grand hôtel parisien, les modèles s'échappant d'un ascenseur tenu ouvert par un groom.

Le col Claudine et les gros boutons noirs dominent une collection où de sages blouses blanches aux manches courtes et bouffantes s'encanaillent sur des jupes ou des jodhpurs noirs transparents, ou bien des micro-shorts à peine perceptibles sous les basques d'une veste.

Plus explicites, des guêpières de cuir noir enserrent le buste sur de longues robes en voile blanc entièrement transparent, portées sur des bottes, noires elles aussi et lacées haut sur la jambe.

Robes et jupes portent la taille haute, enserrée dans une large ceinture de verni noir ultra-large. Un verni omniprésent, sur les ceintures comme des sabliers, les cols ronds et les plastrons qui viennent orner le buste.

Le motif de la guêpière revient souvent, aussi, comme sur ces hauts bi-matière noir et marine gainant le buste et portés plus sagement sur des jupes évasées cachant juste le genou.

"AUTOUR DU FÉTICHE"

"Nous voulions faire quelque chose autour du fétiche, pas forcément sexuel, mais sur l'obsession presque irrationnelle du désir pour des objets de mode", a déclaré à la presse le créateur à l'issue du défilé, faisant notamment référence aux célèbres sacs Louis Vuitton.

Omniprésent, le sac "Lock-it", fermé par un cadenas et grand classique de la maison, se montre en version crocodile, python, ou en monogramme laqué.

La maroquinerie de Louis Vuitton et ses célèbres sacs de toile enduite monogrammée constitue le principal centre de profit de LVMH, comptant pour plus de la moitié du résultat opérationnel du géant mondial du luxe.

Une allure des années 1950 domine dans une série de sages robes ou manteaux de lainage sous le genou, marine, noir ou vert bouteille, les épaules arrondies, la taille resserrée, portés sur de rutilantes bottes de caoutchouc à talons bordeaux, vert ou noir, gainant la jambe.

Marc Jacobs s'est amusé avec les manches bouffantes et les gros boutons, mi-poupée mi collégienne, comme avec les contrastes de matières, associant de sages hauts en cachemire avec des jupes évasées en python laqué jaune aux effets de miroirs.

De pimpants imperméables de cuir verni, vert bouteille ou gris, éclairent une palette de blancs, de marines et de noirs.

Parmi les modèles, coiffés de casquettes de toile monogrammée attachées par une large mentonnière rappelant celles des grooms, on aperçoit Naomi Campbell. Kate Moss, elle, ferme la marche en minishort de cachemire et ample blouson noir.

Édité par Patrick Vignal