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Les confinements et couvre-feux successifs ont mis à mal les couples

Un couple avant le couvre-feu devant la Tour Eiffel à Paris, le 22 octobre 2020

Un couple avant le couvre-feu devant la Tour Eiffel à Paris, le 22 octobre 2020 - Valery HACHE © 2019 AFP

Selon une étude Ifop publiée ce jeudi, un quart des personnes en couple a eu des envies de rupture depuis le printemps 2020.

Plus d'une personne en couple sur quatre a eu envie de rompre. Alors que l'Ined prévoit une hausse des divorces dans les prochaines années, les différents confinements et couvre-feux imposés par la crise sanitaire depuis un an et demi semblent avoir mis à mal les relations amoureuses, selon une enquête de l'Ifop publiée ce jeudi.

Au total, 27% des personnes en couple ont envisagé de redevenir célibataires, selon cette étude. Si pour 31% d'entre elles, les mesures de restriction sanitaire leur ont permis de se rapprocher de leur partenaire, elles ont néanmoins été la cause d'un éloignement pour 17% des personnes en couple.

Les jeunes couples plus concernés que les plus de 60 ans

Et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, cela concerne davantage les couples qui ne vivent pas sous le même toit, avec dix points de plus que ceux qui vivent ensemble. Dans le détail, les jeunes hommes de moins de 30 ans représentent la proportion de la population la plus importante (50%) ayant eu envie de quitter leur partenaire. Globalement, les jeunes couples semblent plus concernés que les plus de 60 ans.

Autre enseignement de l'étude: les couples les plus précaires économiquement ou financièrement semblent également davantage affectés. Quelque 46% des hommes ayant un revenu mensuel net par individu inférieur à 900 euros ont envisagé de rompre, contre 21% chez ceux gagnant plus de 2500 euros.

Relations sexuelles et communication

Certains facteurs semblent avoir particulièrement contribué à la fragilisation des relations. Au cœur des tensions: les différences de besoins sexuels, le manque de communication, le stress lié au travail et le manque de temps passé à deux. Pour les femmes, le manque de communication arrive en tête (70%) devant la mésentente sexuelle ou le stress lié au travail. Alors que chez les hommes, ce sont les différences de besoins sexuels (67%) qui ont le plus joué, loin devant le reste.

Si l'envie de rompre a traversé l'esprit de nombreux couples, ils sont nénamoins loin d'être tous passés à l'acte. Quelque 63% des personnes en couple sont toujours avec le ou la même partenaire qu'au premier confinement. Depuis le printemps 2020, seuls 11% des Français et des Françaises ont connu un changement de situation conjugale. Un taux qui monte cependant à 20% chez les jeunes de moins de 25 ans. Cependant, une fois la crise sanitaire passée, quelque 12% des personnes en couple souhaitent prendre de la distance avec leur partenaire.

Une hausse des divorces?

"La relative stabilité des itinéraires conjugaux observée depuis mars 2020 ne doit pas occulter l'impact négatif que les confinements ou couvre-feux successifs ont pu avoir sur la vie de couple des Français, en particulier des plus jeunes qui, pour beaucoup, ont vécu leur première expérience de vie conjugale constante et intense", pointe François Kraus, directeur du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle de l'Ifop.

Et selon lui, l'absence de passage à l'acte est symptomatique d'un certain attentisme classique en période de crise. "S'il s'avère hasardeux de pronostiquer un 'divorce boom' à l'issue immédiate de la crise, il est probable qu'on assiste alors à une hausse significative des désunions lorsque le contexte sanitaire et économique rendra plus facile les ruptures conjugales."

Étude Ifop pour YesWeBloom.com réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 10 mai 2021 auprès d'un échantillon de 2003 personnes, représentatif de la population âgée de 18 à 64 ans résidant en France métropolitaine.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV