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Le reporter Gaspard Glanz autorisé à se trouver à Paris le 1er Mai et les samedis

Gaspard Glanz au Tribunal de Grande Instance de Paris le 29 avril 2019

Gaspard Glanz au Tribunal de Grande Instance de Paris le 29 avril 2019 - Martin Bureau - AFP

Sous contrôle judiciaire, Gasparg Glanz avait dans un premier temps été interdit de se trouver à Paris les prochains samedis et le 1er mai.

Le reporter Gaspard Glanz pourra se trouver à Paris le 1er mai et les prochains samedis après la levée par le tribunal de Paris de son contrôle judiciaire qui lui interdisait d'être dans la capitale ces jours-là.

Il avait été interpellé le 20 avril, lors de l'acte 23 des gilets jaunes, après avoir fait un doigt d'honneur aux forces de l'ordre. Devant être jugé le 18 octobre pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", il avait été placé sous contrôle judiciaire par un juge des libertés et de la détention la semaine passée.

Irrégularité de l'ordonnance

Le tribunal a reconnu l'irrégularité de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire, en raison de l'absence de motivations, comme le réclamaient les avocats de Gaspard Glanz, Me Raphaël Kempf et Ainoha Pascual.

"Reconnaissant l’irrégularité de la mesure de Contrôle Judiciaire, le tribunal lève totalement le contrôle judiciaire", a tweeté le journaliste lundi.
"C'est une excellente nouvelle. Le tribunal a dit et a rappelé que le JLD devait motiver un placement sous contrôle judiciaire. Depuis une semaine, nous ne savions pas les raisons qui avaient conduit le juge des libertés et de la détention à placer Gaspard Glanz sous contrôle judiciaire", a réagi Me Kempf.

Gaspard Glanz à Paris pour le 1er mai

Après la décision, le reporter indépendant de 32 ans a annoncé qu'il serait présent le 1er Mai à Paris pour couvrir les manifestations. "Avec ou sans autorisation, j’y serai", avait-il déjà déclaré la semaine dernière, après l'annonce de son contrôle judiciaire.

Au cours de l'audience, Me Pascual a fait valoir que le contrôle judiciaire prononcé symbolisait "la mise à mort économique" de Gaspard Glanz. "Ce n'est pas à un juge de décider pour un journaliste quel sujet il peut couvrir", a-t-elle ajouté.

Préciser les motivations du juge

"Le tribunal correctionnel vient rappeler un principe du droit qui est que tout citoyen qui fait l'objet d'une mesure de justice doit pouvoir en comprendre les raisons", a ajouté Me Kempf.

Reconnaissant que l'ordonnance contestée ne présentait "pas toute la motivation que l'on serait en droit d'attendre", le procureur avait affirmé que le contrôle judiciaire se justifiait par le besoin d'éviter la réitération de l'infraction. Il avait invité le tribunal à préciser les motivations de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention.

Raphaël Kempf a ironisé sur l'invocation du risque de renouvellement des faits: "S'il faut l'empêcher de commettre un nouvel outrage, pourquoi seulement à Paris et le samedi ?". "Allons au bout de la logique: il faut l'empêcher d'approcher de tout uniforme bleu, sur tout le territoire", s'est-il moqué.
Salomé Vincendon avec AFP