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Gilets jaunes: les manifestants dans la rue après les annonces de Macron et avant le 1er mai 

Des gilets jaunes ce samedi à Marseille.

Des gilets jaunes ce samedi à Marseille. - GERARD JULIEN / AFP

Si des cortèges ont défilé partout en France, les principales manifestations se sont concentrées, pour ce vingt-quatrième samedi de mobilisation des gilets jaunes, à Paris et Strasbourg. L'ampleur du rassemblement a été moindre que les semaines précédentes.

Maintenir la pression, 48 heures après les annonces d'Emmanuel Macron en réponse à la crise sociale et quatre jours avant le défilé du 1er mai : plusieurs milliers de gilets jaunes se sont de nouveau mobilisés samedi en France, et notamment à Strasbourg, "remotivés" après ce que certains d'entre eux ont qualifié de "bla-bla" présidentiel.

Chiffres contre chiffres

Pour cette vingt-quatrième journée de mobilisation d'un mouvement inédit, qui embarrasse l'exécutif depuis plus de cinq mois, le ministère de l'Intérieur a recensé 23.600 manifestants en fin de journée dont 2600 à Paris. La semaine passée, il avait dénombré 27.900 personnes. Plus tôt ce samedi, le ministère de l'Intérieur comptabilisait 5500 gilets jaunes dans les rues à 14h en France, dont déjà 2600 dans les deux cortèges parisiens, des chiffres contestés, semaine après semaine, par les intéressés, qui publient leur propre décompte. Ils étaient, selon les autorités, 9600 participants samedi dernier à la même heure, dont 6700 à Paris. Ce samedi, Le Nombre jaune, instance via laquelle les manifestants livrent leurs propres estimations, a assuré de son côté avoir compté 60132 personnes dans les rues. La même source avait recensé 100.000 personnes la semaine dernière. Selon la préfecture de police de Paris, 8920 contrôles préventifs ont été effectués et 11 personnes ont été interpellées dans la capitale.

Dans la capitale toujours, sous le mot d'ordre "riposte générale", un cortège mêlant les gilets rouges de la CGT, les gilets jaunes et des représentants de partis de gauche a totalisé 5.500 personnes, selon Beauvau. Il faut noter que certains groupes de gilets jaunes se sont rendus devant les sièges de grands médias audiovisuels pour protester contre la couverture journalistique de leur mouvement. 

Pas de lassitude 

A un mois des élections européennes, les organisateurs entendaient par ailleurs donner un caractère "international" à la journée d'action avec une manifestation à Strasbourg. Le défilé de 2000 gilets jaunes qui s'y est déroulé, selon la préfecture, a été marqué par un bref épisode de tension quand le cortège a voulu rejoindre le Parlement européen, ont constaté des journalistes de l'AFP. Plus tard, les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes contre des manifestants. La préfecture alsacienne, qui a déploré des dégradations, a également signalé 26 interpellations. Un gilet jaune et un membre des forces de l'ordre ont été blessés et pris en charge. 

Loin d'éprouver de la lassitude, des manifestants ont dit partout en France être "remontés" après le discours du chef de l'Etat jeudi et les mesures dévoilés.

Des manifestations sur tout le territoire 

Des manifestations ont été signalés un peu partout sur le territoire. "Macron t'es foutu, toutes les vieilles sont dans la rue", scandaient ainsi des gilets jaunes à Rennes (600 manifestants), "On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là!", entendait-on à Bordeaux (1.500 selon la police) ou à Toulouse (1.500 à 2.000 personnes selon l'AFP), deux places fortes de la mobilisation. 

D'autres manifestations se déroulaient ailleurs en France, comme une opération escargot sur le périphérique lyonnais. Certains ont néanmoins prévu de faire l'impasse ce samedi pour se concentrer sur les manifestations du 1er mai, qui s'annoncent tendues.

Pour prévenir les débordements, des interdictions de manifester ont été prises à Strasbourg dans le centre et autour des institutions européennes, mais aussi à Toulouse, Lille, Rennes ou Rouen. A Paris, le périmètre prohibé comprenait les Champs-Elysées, l'Elysée, les abords de l'Assemblée nationale et de Notre-Dame.

Robin Verner avec AFP