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Le réchauffement climatique affecte déjà la sécurité alimentaire, selon le nouveau rapport du GIEC

Une exploitation agricole - Photo d'illustration

Une exploitation agricole - Photo d'illustration - Jean-François Monier-AFP

Depuis la période pré-industrielle, la température moyenne mondiale sur les surfaces émergées a progressé d'1,5 degré estiment les experts.

Rendu public ce jeudi après plusieurs années de rédaction, le rapport de 1200 pages du GIEC, le groupe des experts du climat de l'ONU, donne l'alerte quant à nos agissements. Les changements climatiques affectent notamment les terres consacrées aux cultures, à l'élevage ou encore les forêts, et par ricochet la sécurité alimentaire.

Sans surprise, les experts estiment ainsi dans le détail que la température moyenne mondiale sur les surfaces émergées augmente plus vite que la température globale, océans compris. Depuis la période pré-industrielle, elle a progressé "de 1,53°C".

Ce réchauffement provoque une hausse de la fréquence et de l'intensité des canicules et des sécheresses. "Le changement climatique a déjà affecté la sécurité alimentaire", via des événements climatiques extrêmes, une diminution des récoltes dans certaines régions ou encore une productivité moindre des systèmes pastoraux en Afrique.

Multiplication des risques 

Comme le rappelle de nouveau le rapport, les hommes utilisent directement plus de 70% des terres émergées et non recouvertes par les glaces. Environ un quart de cette surface est dégradée par leurs activités.

L'expansion de l'agriculture et de la sylviculture et une augmentation des rendements ont permis de nourrir une population croissante, mais ont aussi entraîné une hausse des émissions de gaz à effet de serre, une perte d'écosystèmes et une baisse de la biodiversité.

"Avec un réchauffement climatique autour de 1,5°C, les risques de pénurie d'eau dans les zones arides, de dommages causés par les incendies, de la dégradation du permafrost et d'instabilité dans l'approvisionnement alimentaire sont prévues comme étant importants". A 2°C, les risques pour l'approvisionnement alimentaire pourraient devenir "très importants", rappelle une nouvelle fois le GIEC.

Différents scénarios

Le GIEC a élaboré différents modèles pour imaginer comment limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ou bien en dessous de 2°C par rapport à la période pré-industrielle. Ils incluent des mesures d'atténuation basées sur les terres et des changements d'usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies. Ces modèles permettent de limiter le réchauffement à 1,5°C sans nécessiter des changements d'usage de terres massifs, fait valoir le rapport.

Les solutions sont à chercher du côté d'une réduction du gaspillage alimentaire, un changement de régime alimentaire - ce qui permettrait de libérer des millions de km2 de terres d'ici 2050 - une restauration des écosystèmes, une amélioration de la gestion des forêts ou encore une hausse de la productivité alimentaire durable.

Les scénarios nécessitant en revanche des conversions de terres à très grande échelle pour lutter contre le réchauffement pourraient avoir "des effets secondaires indésirables sur l'adaptation, la désertification, la dégradation des terres et la sécurité alimentaire".

Hugo Septier avec AFP