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Le patron Charles Doux mis en cause

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Arnaud Montebourg accuse le PDG du groupe Doux d'avoir privilégié son intérêt personnel à celui du groupe. Le premier volailler européen, détenu à 80% par la famille, a été placé vendredi en redressement judiciaire à la demande de ses dirigeants.

Dans un entretien à l'Usine nouvelle publié ce jeudi, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif, a des mots très durs pour Charles Doux. Le ministre estime qu'un accord était possible pour sauver l’entreprise de volaille, placée ce vendredi en redressement judiciaire à la demande des dirigeants. Mais le PDG a refusé une proposition de 35 millions d'euros de la banque Barclays. Le groupe compte 3 400 salariés. Selon le classement Challenges, la famille Doux est classée 146ème fortune de France avec plus de 300 millions d'euros. 

« On confond la valeur de l’entreprise et sa fortune personnelle »

Me Maurice Lantourne est avocat du groupe Doux : « En aucun cas il n’a voulu privilégier une situation personnelle. Il veut trouver une solution pour le groupe, ce n’est pas sa situation qui est en cause. Ni sur le plan patrimonial au niveau des actions, ni au niveau de son poste. Son angoisse, c’est de céder immédiatement à une banque anglaise alors qu’elle n’avait pas forcément la compétence, la stratégie pour la redresser », explique l’avocat. « J’ai vu qu’on imaginait qu’il avait une fortune : on confond la valeur de l’entreprise et sa fortune personnelle. Respectons quand même le travail de cet homme qui a conduit un groupe à être un leader mondial ! Certes, il y a des responsabilités, mais maintenant il a repris les rênes. Il se bat pour construire. »

« C’est à Doux de payer ses dettes, et pas à la collectivité »

René Louail est conseiller régional et candidat Europe écologie - Les Verts dans la 3e circonscription des Côtes d'Armor : « Doux a les moyens de payer. C’est à Doux de payer ses dettes, et pas à la collectivité. On ne peut pas laisser ce genre d’entrepreneurs qui a autant utilisé des fonds européens à hauteur de 50 à 60 millions d’euros par an depuis le milieu les années 90, faire tout et n’importe quoi. On ne peut pas accepter que les éleveurs créanciers – qui ne sont pas payés avant la date de cessation de paiement - fassent les frais de l’opération. Charles Doux a fait des erreurs de gestion, il a déposé le bilan, il a utilisé la manière forte et mis 800 éleveurs sur la paille : il est totalement responsable. »

« Nous sommes guidés par la volonté de redresser la situation »

Jean-Charles Doux, directeur général délégué du groupe Doux et fils du président-fondateur Charles Doux, se défend d'avoir agi en catimini du gouvernement. « Nous sommes guidés par la volonté de redresser la situation, alors que l'on nous a proposé un démantèlement et la cession de nos activités les plus rentables. Or il n'y a pas de pérennité pour ce groupe sans un maintien de nos activités : grand export, frais et traiteur », a-t-il déclaré dans un entretien au magazine Challenges : « Mon père Charles Doux a toujours privilégié les salariés », a-t-il relevé.