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Le Louvre appelle aux dons pour faire revenir le livre d'heures de François 1er

Le musée du Louvre

Le musée du Louvre - Loïc Venance-AFP

Le Louvre souhaite acquérir le livre d'heures de François 1er, un petit livre de prières, joyau d'orfèvrerie et d'enluminure de la Renaissance. Si LVMH va financer la moitié de son prix, au total 10 millions d'euros, il reste 1 million d'euros à trouver.

C'est un missel d'exception que le Louvre souhaite faire revenir en France. Le plus grand musée d'art du monde fait à nouveau appel à la générosité des Français, à hauteur d'un million d'euros, pour acquérir le livre d'heures de François Ier -un petit livre de prières manuscrit liées aux heures de la journée et recouvert de pierres précieuses- une pièce d'exception vendue dix millions d'euros dont la moitié est financée par le groupe LVMH.

Un joyau d'orfèvrerie et d'enluminure

Mis en vente par un collectionneur londonien, ce joyau de l'orfèvrerie et d'enluminure de la Renaissance est le seul témoignage encore existant des biens de la dynastie des Valois disparus à la fin du 16e siècle, a souligné mardi le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, lors d'une conférence de presse. 

"Le livre d'heures se distingue par sa provenance exceptionnelle, présente le Louvre. Ce manuscrit a connu une histoire extraordinaire en passant par les mains de François Ier, d'Henri IV, du Cardinal Mazarin, avant de prendre le chemin de l'Angleterre au début du 18e siècle."

"Faire revenir en France ce trésor national unique"

La somme demandée pour cette oeuvre "sans équivalent dans les collections françaises et étrangères" représente pas moins du double du budget annuel d'acquisition du Louvre (5,2 millions d'euros). D'où l'appel au groupe LVMH, qui fournira la moitié de la somme, mais aussi aux Français, dans le cadre d'une opération "Tous mécènes", la huitième du genre, qui se déroule du 24 octobre au 15 février 2018. 

"Faire revenir en France ce trésor national unique a immédiatement emporté l'adhésion de Bernard Arnault et de LMVH", a confié Jean-Paul Claverie, conseiller de Bernard Arnault.

"À projet exceptionnel, partenariat exceptionnel", a déclaré Jean-Luc Martinez. "Je remercie LVMH d'avoir dit oui à cette aventure très ambitieuse pour que cet objet redevienne une icône du musée du Louvre", a-t-il ajouté se déclarant "confiant".

"Il n'y a pas de petit don et chaque mécène est remercié individuellement, a-t-il assuré au Parisien. Ce livre d'heures, c'est notre bien commun. On savait que cette pièce existait, mais presque personne ne l'avait vue, puisqu'elle était depuis plusieurs siècles entre des mains privées."

Marie de Médicis le céda au cardinal Mazarin

Manuscrit de petit format (8,5 cm de hauteur sur 6,5 cm de largeur), le livre d'heures comprend seize peintures et de nombreuses initiales décorées. Sa reliure en or émaillé est ornée de pierres précieuses et de deux grandes plaques de cornalines gravées, des pierres semi-précieuses. Il est accompagné d'un signet ou marque-page en forme de colonne sertie de rubis et de turquoises.

Acquis par François Ier en 1538, le livre d'heures a appartenu à Jeanne d'Albret, reine de Navarre (1555-1572), nièce de François Ier et mère d'Henri IV qui en hérita à son tour. Marie de Médicis le céda plus tard au cardinal Mazarin. Apparu ensuite dans plusieurs collections privées britanniques, il est passé en vente pour la dernière fois en 1942 et est actuellement présenté dans l'exposition "François Ier et l'art des Pays-Bas" au Louvre.

Classé "œuvre d'intérêt patrimonial majeur", le livre d'heures est la "seule pièce d'orfèvrerie (avec une salière de Cellini à Vienne) à pouvoir être directement associée au souverain", et "la seule reliure précieuse française connue à ce jour pour les règnes de François Ier et des derniers Valois", souligne le Louvre.

Pour ceux qui voudraient le voir de plus près, le livre est actuellement exposé, et jusqu'au 15 février prochain, au Musée du Louvre dans le cadre de l'exposition "François Ier et l'art des Pays-Bas".

C.H.A. avec AFP