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Laurent Berger dénonce l'introduction de "dizaines d'individus" au siège de la CFDT

La CFDT assure qu'il s'agit d'une action de la "coordination SNCF-RATP". L'action avait pour but de "montrer que la base des grévistes est en total désaccord avec le positionnement de Laurent Berger."

Des "dizaines d'individus" se sont introduits "violemment" au siège de la CFDT et ont "agressé" des salariés ce vendredi à la mi-journée, a dénoncé Laurent Berger sur Twitter.

"Coordination SNCF-RATP"

D'après le secrétaire général du syndicat, les individus ont "agressé verbalement et physiquement des salariés de la CFDT". Laurent Berger condamne cet acte: "Nous condamnons cet acte et nous ne nous laisserons pas intimider."

La CFDT précise à BFMTV que la porte d'entrée du siège peut s'ouvrir de deux manières: "grâce à un badge que possèdent les salariés ou quand l'accueil ouvre aux personnes à l'extérieur." D'après le syndicat, entre vingt et trente personnes ont profité de l'ouverture de la porte pour s'introduire dans le bâtiment, en file indienne. 

Un salarié "plaqué au sol"

Toujours selon les dires de la CFDT, "des injures ont été proférées, au moins deux salariés ont été insultés. À l'extérieur un salarié de la CFDT a été plaqué au sol mais n'a pas été blessé." Le syndicat ajoute à BFMTV qu'il envisage de porter plainte.

Interrogée par l'AFP, la CFDT a dit qu'il s'agissait d'une action de la "coordination SNCF-RATP", née aux premières évocations d'une grève illimitée, en octobre, contre la réforme des retraites. 

Anasse Kazib, cheminot Sud-Rail ayant participé à l'action au siège explique le but de l'action à notre antenne:

"Symboliquement, c'était de montrer que la base des grévistes est en total désaccord avec le positionnement de Laurent Berger. Je m'étonne de ses propos, il faut qu'il fasse attention parce que nous on s'amuse pas à des diffamations ou autre, mais c'est clairement de la diffamation. (...) Les gens sourient et dansent, ce n'est ni intrusion, ni violence" , assure-t-il à BFMTV.

Symboliser "la trahison de Laurent Berger"

"On a une coordination SNCF - RATP qui se réuni depuis le début de la grève. (...) Symboliquement, par rapport à la trahison de Laurent Berger et de la CFDT (...), il a le droit de dire ce qu'il veut mais il ne décide pas à la place des grévistes", s'insurge Anasse Kazib.

Des vidéos diffusées sur Twitter montrent plusieurs dizaines de grévistes s'introduire dans le hall du siège du syndicat en chantant:

"On est là, on est là, même si Berger ne veut pas, on est là pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, nous on est là."

Une attaque "inacceptable", une "honte"

L'action a rapidement fait réagir le personnel politique, Emmanuel Macron en tête. "Ces violences sont une honte pour notre démocratie", a déclaré sur LCI le chef de l'État.

"Je condamne avec la plus grande fermeté ce qui s'est passé cet après-midi. J'ai appelé le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, les violences à l'égard de syndicalistes, quelle que soit d'ailleurs les confédérations syndicales, sont une honte pour notre démocratie et inacceptables", a déclaré le chef de l'Etat.

L'intrusion a également fait réagir le candidat LaREM à la mairie de Paris. "Je condamne fermement l’intrusion et les agressions dont a été victime la CFDT. La violence et l’intimidation n’ont pas leur place dans une société démocratique. Seul le dialogue fait avancer le débat", a affirmé sur Twitter Benjamin Griveaux.

"Dans une démocratie, on doit se respecter. On doit respecter les syndicats: qu'ils protestent, qu'ils soient dans la rue ou qu'ils négocient et fassent des compromis", a de son côté déclaré à l'Agence France Presse François Hollande, qui participait aux Assises de la citoyenneté organisées à Rennes. 

Dans un communiqué, la CGT a également dénoncé ce mode d'action:

"Quels que soient les désaccords possibles entre organisations syndicales, la CGT ne cautionne pas ce type d’action. Chaque organisation syndicale est libre de son mode de fonctionnement, de son orientation et de ses revendications.
Mélanie Vecchio avec Esther Paolini