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La Manif pour tous profite de l'affaire Anna pour faire son retour

Une manifestation de la Manif pour tous à Versailles, le 15 décembre 2013.

Une manifestation de la Manif pour tous à Versailles, le 15 décembre 2013. - -

D'après les organisateurs de la Manif pour tous, l'instrumentalisation par la police d'Anna, une jeune Russe en demande de naturalisation, relèverait d'une manigance politique.

L'affaire déchaîne les passions, et la Manif pour tous en profite pour contre-attaquer. L'histoire d'Anna, cette jeune Russe à qui la police aurait demandé d'espionner les manifestants hostiles au mariage pour tous, serait "d'abord une affaire politique et non une affaire policière" au regard des militants de la Manif pour tous, relate ce jeudi Le Figaro, qui a dévoilé l'affaire.

Cet automne, la police aurait fait pression sur Anna, une jeune Russe en attente de naturalisation et militante de la Manif pour tous, afin qu'elle donne des renseignements sur les membres participant au mouvement, sous peine de blocage de sa demande.
Le Figaro, qui a contacté les organisateurs de la Manif pour tous, révèle aujourd'hui que ces derniers dénoncent une "affaire politique" et soutiennent la jeune fille de 18 ans. Mieux, ils lui proposent de mettre des avocats à sa disposition afin de "lancer une action en justice".

La présidente de la Manif pour tous, Ludivine de la Rochère, a personnellement apporté son soutien à Anna et menacerait désormais d'une nouvelle mobilisation au mois de mai.

Pour la Manif pour tous, la police n'est pas en cause

Albéric Dumont, coordinateur du mouvement, explique au quotidien: "Nous ne sommes pas surpris, les filatures, les écoutes téléphoniques, on connaît!". L'affaire Anna prend donc une tournure politique, car, pour lui, la faute ne repose pas que sur les services de police, "nos services juridiques étudient la possibilité d'attaquer l'État. Et nous allons demander au ministère de l'Intérieur de s'expliquer", affirme Albéric Dumont.

"Nous voulons savoir qui a donné les ordres", explique encore le coordinateur, refusant de blâmer les fonctionnaires de police.

En pointe de la contestation contre le mariage pour tous, le député UMP de la Drôme Hervé Mariton a adressé une question écrite à Manuel Valls. "Il apparaîtrait que votre ministère aurait conditionné l'avancée de la demande de naturalisation de cette jeune fille à la livraison d'informations sur la Manif pour tous", écrit-il, jugeant cette méthode "injustifiée".

Des "manœuvres politiques", "évidemment"

Cité par Le Monde, François-Xavier Bellamy, maire adjoint de Versailles à qui Anna s'était confiée et proche du mouvement, assure qu'"il s'agit évidemment de manœuvres politiques".

Pourtant, dans un entretien au Figaro, Anna prétend de son côté qu'elle ne souhaite "aucune sanction pour les policiers" et n'est animée par "aucun désir de revanche".

Mercredi, le ministère de l'Intérieur a demandé une enquête de la police des polices sur cette affaire. Les conclusions devraient être données sous un mois.

A. D.