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La jeunesse européenne dans la rue pour le climat avant les élections

Des milliers de jeunes manifestaient pour le climat, ce vendredi 24 mai, à Barcelone.

Des milliers de jeunes manifestaient pour le climat, ce vendredi 24 mai, à Barcelone. - Pau Barrena / AFP

Dans la plupart des grandes villes européennes, des milliers de jeunes étaient dans la rue ce vendredi pour une nouvelle marche pour le climat à deux jours des élections européennes.

Des milliers de jeunes Européens ont séché l'école vendredi lors d'une grande journée de mobilisation mondiale pour placer le changement climatique au coeur des élections européennes de dimanche.

A Berlin, les élèves se sont rassemblés à la mi-journée devant l'emblématique Porte de Brandebourg. Des rassemblements importants ont également eu lieu à Hambourg (17.500 manifestants, selon la police), à Francfort (4.500 personnes) pour marcher vers la Banque centrale européenne ou encore à Leipzig (5.000).

"Le climat maintenant, les devoirs plus tard!", "Ne la faites pas exploser, les bonnes planètes sont difficiles à trouver", pouvait-on lire sur les pancartes des jeunes à Berlin. Ou encore un peu partout le désormais traditionnel "Il n'y a pas de planète B". "Faites l'amour, pas du CO2", proclamait une autre pancarte.

Un mouvement lancé par "l'icône" Greta Thunberg

A l’origine de ces “Fridays for Future”, une jeune suédoise: Greta Thunberg. A 16 ans, elle s’est fait connaître en brandissant seule tous les vendredis une pancarte "grève de l'école pour le climat" devant le Parlement de Stockholm. Après une conférence TED très remarquée à Stockholm, elle est invitée à prononcer un discours à la COP24 à Katowice, en Pologne.

C’est alors que son initiative gagne, peu à peu, plusieurs pays. Des milliers de jeunes, comme elle, décident de descendre dans la rue chaque vendredi.

Ce vendredi, dans une tribune au journal allemand Süddeutsche Zeitung, Greta Thunberg et son alter ego allemande Luisa Neubauer ont lancé un appel en faveur d'une mobilisation la plus large possible en Europe et dans le monde.

"Il est temps pour nous tous de résister à l'échelle mondiale", écrivent-elles.
"Nous avons le sentiment que de nombreux adultes n'ont pas encore complètement compris que nous les jeunes ne pouvons pas arrêter la crise du climat tout seuls", ajoutent-elles.

Des milliers de jeunes dans la rue en France

A Strasbourg, plus d'un millier de manifestants ont marché en direction du Parlement européen, un net regain de mobilisation à deux jours du scrutin européen. En effet, après des manifestations qui avaient réuni entre 4.000 et 5.000 personnes à la mi-mars, les rassemblements suivants n’avaient réuni que des dizaines ou des centaines de sympathisants.

A Paris, Tours ou Montpellier les jeunes étaient également nombreux dans la rue. Dans la capitale, le départ était prévu place de l'Opéra, pour cette 2e grande journée de "grève mondiale", après celle du 15 mars.

A Tours, environ un millier de lycéens, rejoints par un "commando" anti publicité, ont aussi manifesté vendredi matin, avec leurs panneaux "Quelle cuisson pour la planète?", "T'es bonne sans carbone" ou "La planète sèche et nous on trinque".

A Montpellier, 1.400 (préfecture) à 3.000 (organisateurs) jeunes, accompagnés de quelques adultes dont des enseignants, des syndicalistes et des "gilets jaunes", défilaient également vendredi matin, avec énergie .

Les grandes villes européennes également mobilisées

A Stockholm, ce vendredi,environ 4.000 jeunes manifestaient avec à leur tête, l’icône elle-même, Greta. A Oslo, ils étaient plusieurs centaines à défiler, soutenus par la Première ministre Erna Solberg. Dans la foule, des panneaux inventifs comme "La terre sera bientôt plus chaude qu'un jeune Leonardo di Caprio" ou "On ne va pas boire du pétrole ou manger de l'argent".

A Vienne, la manifestation a mobilisé quelque 1.500 personnes, selon la police. Les manifestants se sont notamment rendus devant la représentation de l'Union européenne où ils ont remis une urne remplie de "bulletins de vote pour l'avenir".

Ils étaient également des milliers de jeunes à Vienne, Genève, Lausanne, Rome, Milan, Florence, Palerme, Barcelone ou encore Madrid, où les manifestants réunis à Puerta del Sol ont rappelé qu'"on est tous dans le même bateau".

Ces mobilisations de la jeunesse ont largement contribué ces derniers mois à ramener la question climatique parmi les principales préoccupations des adultes, et en haut des agendas des partis politiques.

Aude Solente avec AFP