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La GPA doit-elle figurer au menu des États généraux de la bioéthique? 

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Joël Saget-AFP

Alors que le Comité consultatif national d'éthique s'est déclaré contre la gestation pour autrui, certains souhaiteraient cependant que la GPA soit discutée lors des États généraux de la bioéthique qui démarrent ce jeudi.

Alors que le coup d'envoi des États généraux de la bioéthique est donné ce jeudi, certains militent pour que la gestation pour autrui (GPA) soit également au menu des débats qui vont avoir lieu dans les prochains mois, afin de réviser la loi de 2011.

Si l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes - célibataires et lesbiennes, la fin de vie, la génétique et l'intelligence artificielle seront débattues afin de nourrir la prochaine loi bioéthique, attendue au Parlement à l'automne prochain, la GPA ne devrait pas figurer dans le texte. 

"L'opinion publique est prête"

Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), qui pilote ces États généraux, s'est prononcé en faveur de l'ouverture de la PMA, mais s'est en revanche dit opposé à la GPA. Cependant, Cédric Ghighi-Bonnin, secrétaire général de l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens, estime que l'opinion publique est prête à envisager la légalisation de la GPA, dont beaucoup de parents ont déjà recours à l'étranger.

"L'opinion publique a beaucoup réfléchi et est aujourd'hui prête à pouvoir entendre des choses", assure-t-il sur notre antenne. "Il y a des histoires de GPA qui se passent très bien et qui sont très belles, des histoires de construction de famille. Avant tout, il s'agit du désir d'avoir un enfant."

Mais, selon lui, "il faut l'encadrer". "Il faut pouvoir faire en sorte que tout ne soit pas forcément autorisé, mais il faut pouvoir donner une possibilité et une ouverture sur ce sujet."

"Réguler cette aventure humaine"

C'est également le point de vue de Laurence Brunet, spécialisée en droit de la famille. "Il faut distinguer deux choses", considère cette juriste qui fait partie d'un collectif de 110 personnalités, dont les intellectuels Pierre Rosanvallon et Élisabeth Badinter, qui ont signé une tribune pour réclamer un "vrai débat de fond" sur la GPA. C'est, selon elle, "absolument nécessaire".

"D'abord la situation des enfants qui sont nés à l'étranger et reviennent en France", explique-t-elle sur BFMTV. "Comme les témoignages le montrent, il y a un problème administratif de retranscription et de reconnaissance par la France de ces enfants. C'est difficile, c'est un parcours judiciaire assez compliqué. Et deuxième enjeu: est-ce que nous-mêmes, en France, on réfléchit à la possibilité de se donner un cadre pour réguler cette aventure humaine qu'est la collaboration entre un couple et une femme qui porterait son enfant?"

Quant aux accusations de marchandisation du corps d'une femme, ce n'est pas le cas, juge Cédric Ghighi-Bonnin. "La mère porteuse n'est pas forcément rémunérée", indique-t-il, prenant l'exemple de sa propre famille.

"On a décidé de faire une GPA au Canada. On n'a pas rémunéré notre mère porteuse. On l'a défrayée sur des frais médicaux. Aujourd'hui, le coût d'une GPA, ce n'est pas la rémunération ou le défraiement d'une mère porteuse, 70% des frais sont médicaux."

Céline Hussonnois-Alaya