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La bataille de la Somme, bourbier le plus meurtrier de la Première guerre mondiale

Hollande, Cameron et la famille royale britannique commémorent ensemble ce vendredi la bataille de la Somme, qui fit 1,2 million de morts et blessés en cinq mois.

Le département a été théâtre des combats les plus meurtriers de la Grande Guerre. Vendredi, la Somme verra se rencontrer le président français François Hollande ainsi la famille royale britannique et le Premier ministre David Cameron pour célébrer le centenaire de cette bataille.

La famille royale britannique est arrivée dès jeudi. Dans la soirée, sous la pluie, le couple princier William et Kate, ainsi que le prince Harry se sont rendus au mémorial de Thiepval pour assister à une veillée militaire. Une cérémonie lors de laquelle ils ont rendu hommage aux nombreux soldats britanniques tombés sous les balles. Mais c'est vendredi qu'auront lieu les cérémonies principales pour commémorer l'affrontement le plus meurtrier de la Grande Guerre", selon la Mission Centenaire.

Pertes totales estimées à 1,2 millions d'hommes

De fait, la bataille de la Somme a été le bourbier le plus meurtrier de la Première guerre mondiale: plus de trois millions d'hommes se sont affrontés entre juillet et novembre 1916. Les pertes totales sont estimées à 1,2 millions d'hommes (tués, blessés, disparus), dont 500.000 dans le camp britannique.

Pour une avancée maximale des Alliés de 15 kilomètres, Britanniques et Allemands ont perdu chacun environ 500.000 hommes (tués, blessés ou portés disparus), les Français entre 150 et 200.000.

Quand elle est décidée fin 1915, cette offensive majeure doit user les Allemands à défaut de rompre leur front. Mais l'offensive allemande sur Verdun dès février 1916 modifie le rapport de forces. Pour les Français, qui réduisent leur participation à la bataille à venir sur la Somme, il n'est dès lors plus question que de "soulager la pression sur Verdun".

Le front, qui devait s'étendre sur 70 kilomètres, n'en fera plus qu'une trentaine. L'armée britannique, essentiellement composée de volontaires, est chargée du secteur nord et mobilise 26 des 53 divisions de son corps expéditionnaire, les Français du secteur sud avec 14 divisions.

Jour le plus sanglant de l'histoire de l'armée britannique

L'assaut est fixé au 1er juillet. Une semaine avant, commence une formidable préparation d'artillerie. Les canons, disposés tous les 18 mètres environ, doivent réduire les tranchées, et les abris souterrains des Allemands, retranchés depuis 1914.

Au matin du 1er juillet, les Britanniques font exploser une vingtaine de mines creusées sous les lignes allemandes. A La Boisselle, les 27 tonnes d'explosifs ont créé un cratère de 100 m de diamètre et 30 de profondeur. Quelques minutes plus tard, à 7h30, l'assaut est donné. Malgré les 1,5 million d'obus tirés par les Britanniques, les 340.000 lancés par les Français pour le seul premier jour, les abris allemands ont résisté et les Britanniques s'écrasent sur leurs lignes.

A Beaumont-Hamel, un bataillon de Canadiens de Terre-Neuve est anéanti en une demi-heure. Sur ses 790 hommes, 68 répondent à l'appel le lendemain.

Sur les 120.000 Britanniques partis à l'assaut, 40.000 sont blessés, 20.000 sont morts. C'est le jour le plus sanglant de l'histoire de l'armée britannique et le 1er juillet 1916 reste dans la mémoire collective outre-Manche - comme au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou encore en Afrique du sud - un traumatisme inaltérable. 

Gains territoriaux dérisoires

"Le nombre des soldats britanniques tombés en ce premier jour de combat est neuf fois plus élevé que celui des soldats américains morts lors du débarquement de 1944 sur les plages de Normandie", rappelle l'historien américain Jay Winter, cité dans La bataille de la Somme (Somogy éditions d'art).

Au sud, les Français progressent eux plus facilement.

Au fil des mois, les assauts se succèdent mais les Alliés avancent très peu, malgré l'utilisation en septembre d'une nouvelle arme, le char d'assaut, qui n'a pas d'effet notable.

En octobre, l'offensive se poursuit "parce que ses résultats sont trop minces pour que les responsables puissent la justifier devant l'opinion et le pouvoir", a estimé l'historien Pierre Miquel. Mais la boue et la pluie ont raison de l'ardeur des assaillants, épuisés: la bataille cesse le 18 novembre. Les gains territoriaux sont dérisoires.
V.R. avec AFP