BFMTV

L'initiateur de la tribune des anciens militaires s'explique et revendique "une vision réaliste"

Interrogé par BFMTV, le gendarme à l'origine du texte incendiaire publié par Valeurs Actuelles a réitéré sa crainte que l'état de siège doive être décrété pour gérer une situation "intenable".

Il revendique une vision à la fois "pessimiste" et "réaliste" de la situation actuelle de la France. Initiateur de la tribune signée par une vingtaine de généraux à la retraite et publiée par Valeurs Actuelles le 21 avril, l'ancien officier de gendarmerie Jean-Pierre Fabre-Bernadac s'est expliqué de son contenu incendiaire sur BFMTV ce mardi.

"Les mots que j'utilise sont à l'usage des militaires, ils ne sont pas à l'usage des civils", a d'abord assuré celui qui, également dans Valeurs Actuelles, expliquait fin 2018 avoir "troqué (son) ancienne veste bleue pour un gilet jaune".

"C'est le gouvernement qui décidera"

"S'il y a des problèmes", juge Jean-Pierre Fabre-Bernadac, faisant ainsi allusion à des problèmes liés à l'islamisme ou aux menaces pesant sur les forces de l'ordre, les Français pourraient être amenés "à avoir l'état d'urgence ou l'état de siège". "C'est le gouvernement qui décidera, c'est pas moi", prend-il soin de préciser.

"Si on fait rien, on va demander à des gens dont c'est pas la spécialité (...) de faire des choses à un moment la situation deviendra intenable", poursuit-il, toujours un peu sibyllin.

En d'autres termes, ce ne pourra être à la police ou à la gendarmerie de défendre la France en dernier ressort face aux troubles à l'ordre public, mais aux militaires. C'est, en tout cas, ce que sous-entend l'ancien officier.

"Peut-être notre défaut, c'est d'être pessimistes, mais (...) c'est peut-être aussi d'avoir une vision réaliste (...) de la situation en France", affirme-t-il.

"L'histoire ne repasse pas les plats"

Dans son collimateur, l'attaque mortelle récente visant une agente administrative du commissariat de Rambouillet. "Pour nous c'est un phénomène, c'est pas un épiphénomène. (...) Que fait le gouvernement là-dessus? Je me pose la question", dit Jean-Pierre Fabre-Bernadac.

Interrogé sur le calendrier de parution de la tribune, exactement 60 ans après le putsch des généraux d'Alger, l'officier à la retraite assure ne pas être un nostalgique de l'Algérie française.

"Si j'étais nostalgique, ça veut dire que je serais perdant. (...) L'histoire ne repasse pas les plats", répond-il.

Quant au soutien affiché de Marine Le Pen aux signataires de la tribune, qu'elle appelle à la rejoindre, Jean-Pierre Fabre-Bernadac s'en dit "très heureux" tant qu'il ne s'agit pas d'un simple acte de récupération politique. "Si maintenant c'est pour récupérer (...) là je ne suis pas d'accord", prévient-il.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV