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L'espérance de vie des femmes françaises stagne depuis 5 ans

Image d'illustration maison de retraite

Image d'illustration maison de retraite - Georges Gobet - AFP

Les Françaises vivent toujours plus longtemps que les Français, mais leur espérance de vie n'a pas progressé depuis 2011, notamment à cause de l'épidémie de grippe particulièrement mortelle de 2015.

L'espérance de vie des femmes françaises n'a pas progressé en cinq ans, selon le dernier rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié jeudi. En 2011, une habitante de l'hexagone vivait en moyenne jusqu'à 85,7 ans, tout comme... en 2016.

Cette stagnation contraste avec les données d'il y a dix ans: de 2006 à 2011, l'espérance de vie chez les Françaises avait par exemple augmenté d'un an et deux mois. Auparavant, elle avait même bondi de 8 mois sur une seule année, de 2005 à 2006. Si l'espérance de vie des Françaises n'a pas progressé depuis 2011, c'est surtout parce qu'elle a connu une forte baisse en 2015 (-0.4 point).

Une surmortalité due à la grippe

Cette diminution globale est "largement attribuée à une éclosion de la grippe, ayant touché principalement les personnes âgées" cette année, explique le rapport de l'OCDE. Il souligne que cette surmortalité pendant l'hiver s'observe tous les ans, mais a été particulièrement violente en 2015.

L'Institut de veille sanitaire (InVS) avait noté en 2015 que l'épidémie de grippe de forte ampleur avait contribué à une surmortalité hivernale record de 18.300 décès en France. En première ligne des victimes, les plus de 65 ans, qui ont représenté 90% des décès.

La stagnation moins forte chez les hommes

Dans le même temps, si les hommes français ont également connu une baisse de leur espérance de vie en 2015 (-0,3), elle a augmenté depuis 2011, passant de 78,7 ans à 79,5 ans. En revanche, l'OCDE observe également un ralentissement de l'augmentation de leur espérance de vie. De 2006 à 2011, ils ont gagné un an et presque 5 mois d'espérance de vie, seulement 9 mois entre 2011 et 2016.

Au sein des États de l'OCDE, si la croissance de l'espérance de vie stagne ou ralentit globalement, c'est notamment parce que "les maladies respiratoires (y compris la grippe et la pneumonie) ont contribué aux excès de mortalité au cours de certains hivers, et la mortalité liée à la démence et à la maladie d’Alzheimer a augmenté", souligne le rapport. 

Des maladies qui touchent en particulier les femmes: une femme sur deux et un homme sur trois risquent de développer un trouble neurologique tel un accident vasculaire cérébral (AVC), une démence ou la maladie de Parkinson au cours de sa vie. Sur 25 malades d'Alzheimer, 10 sont des hommes et 15 des femmes.

Salomé Vincendon