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L'ancien dompteur André-Joseph Bouglione créé un écocirque sans animaux

André-Joseph Bouglione ne dressera plus de fauves dans l'historique Cirque d'hiver de Bouglione (image d'illustration)

André-Joseph Bouglione ne dressera plus de fauves dans l'historique Cirque d'hiver de Bouglione (image d'illustration) - Bertrand GUAY / AFP

André-Joseph Bouglione, ancien dompteur, a décidé troquer ses fauves contre un cirque écologique sans animaux. Strasbourg devrait accueillir son nouveau chapiteau au printemps prochain.

Alors que de plus en plus de maires prennent des arrêtés pour interdire les cirques avec animaux dans leur commune, l'un des dompteurs de l'historique maison Bouglione a lui aussi décider d'y renoncer et de se lancer dans un nouveau concept de cirque plus respectueux de l'environnement.

Dans une interview accordée au quotidien La Provence à la mi-juin, le circassien reconnaît que ce sont les spectateurs et les associations de défense des animaux qui l'ont poussé à repenser son métier: 

"Je voulais être en phase avec le public. 67% de la population souhaite interdire la présence d'animaux dans les cirques. Les associations combattent ce genre de pratiques. (...) Je me suis demandé pourquoi mon métier était si mal perçu. Je n’ai jamais eu l’impression de maltraiter mes animaux, j’ai été conditionné dès mon enfance à dresser, mais il faut le dire, je ne pouvais pas leur promettre mieux qu’une prison à vie. À notre époque, chevaux, tigres et éléphants n’ont plus rien à faire dans les cirques."

"Les cirques qui refusent d’ouvrir les yeux vont droit dans le mur"

Pourtant, cette décision n'était pas simple à prendre pour celui qui a été baigné de cet environnement depuis son enfance. Sa famille, explique-t-il, lui a "interdit" de monter son projet. Dans le milieu du cirque, la nouvelle n'est pas passé non plus: "Quand nous avons annoncé officiellement la création de notre écocirque, nous avons reçu des cercueils, des poupées vaudous... de la part des gens de notre métier".

Mais cela n'a fait que renforcer ces convictions. "Les cirques qui refusent d’ouvrir les yeux sur notre société vont droit dans le mur", prédit André-Joseph Bouglione, cité par 20minutes.

"Le cirque s’adapte depuis 250 ans mais depuis les années 70, rien ne bouge. On a changé les lumières, mais rien sur le fond", regrette-t-il. 

Strasbourg entend devenir un "laboratoire"

Avec son écocirque, André-Joseph Bouglione espère donc renouveler le genre en proposant un divertissement "au service de la planète, engagé dans la protection animale, la préservation de la biodiversité, la nutrition".

Selon les DNA, ce nouveau chapiteau devrait se poser à Strasbourg au printemps 2019. Le projet a en effet tapé dans l’œil des élus strasbourgeois, qui ont adopté à l’unanimité lors d'un Conseil municipal de Strasbourg en avril dernier une motion visant "à l’interdiction de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques et à l’accueil dans la ville d’arts circassiens respectueux de la condition animale."

Avec cet écocirque, la Ville de Strasbourg entend donc devenir un "laboratoire" et un "exemple concret" en matière de cirque sans animaux dans le but de "donner un signal pour que la législation en France avance".

M.P