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Journée des câlins: combien les enfants en ont-ils besoin?

Des parents et leur enfant dans une cour d'école (photo d'illustration)

Des parents et leur enfant dans une cour d'école (photo d'illustration) - Martin Bureau-AFP

En cette journée internationale des câlins, Béatrice Copper-Royer, psychologue spécialiste de l'enfance et de l'adolescence, répond aux trois questions de BFMTV.com.

Caresses, câlins, embrassades et bisous, les contacts physiques entre parents et enfants sont aussi importants et structurants que l'alimentation ou le sommeil. C'est même grâce au toucher que les liens et les premières formes de communication se tissent entre un parent et son bébé.

Mais entre trop ou pas assez, où placer le curseur? En ce jeudi, journée internationale des câlins, Béatrice Copper-Royer, psychologue spécialiste de l'enfance et de l'adolescence, répond aux trois questions de BFMTV.com et aide les familles à y voir plus clair.

  • Y a-t-il un "minimum de câlins" à donner à son enfant?

"Différents moyens peuvent exprimer l'attachement et l'affection d'un parent pour son enfant. Il existe des familles sensorielles, qui entretiennent les liens par le toucher, d'autres davatange par le verbal et qui préfèrent entretenir une certaine distance dans les relations. Mais il n'y a pas de format idéal. Certaines familles peuvent avoir l'habitude de beaucoup s'embrasser sans pour autant être complices.

Selon sa propre histoire familiale, son éducation, sa culture, ce dont on estime qu'on a manqué dans son enfance ou au contraire ce qu'on ne veut pas reproduire en devenant parent, cela peut passer par différents moyens. Et cela n'a rien à voir avec l'amour que l'on porte à son enfant.

Il faut aussi savoir dosé: je le vois notamment avec les adolescents. Par exemple avec les jeunes filles, je le vois en consultation: en grandissant, souvent, elles ont horreur de maintenir la proximité qu'elles avaient plus petites avec leur père."

  • Faut-il donc plus ou moins de câlins selon les âges?

"Le nourrisson et le petit enfant - environ jusqu'à l'âge de la parole, c'est-à-dire autour de 3 ans et l'entrée en maternelle - a besoin des contacts physiques et tactiles pour se construire et se développer. C'est le baiser du soir, l'histoire sur les genoux du parent ainsi que tous les soins qui s'imposent, notament autour du change. Cela participe notamment à sa sécurité affective.

Mais le câlin n'est pas non plus le moyen exclusif pour communiquer son amour à son enfant. Cela passe par le ton, les mots, les échanges, les jeux, le temps consacré à son enfant. Un parent peut être là sans véritablement être présent. Un autre souvent absent voudra équilibrer les choses en 'bourrant' de câlins son enfant.

Je me souviens d'une patiente qui culpabilisait d'être souvent absente pour son travail. Quand elle rentrait le soir, souvent tard, elle massait ses deux fils de 5 et 7 ans au moment de les coucher. Mais ils étaient énervés, fatigués, cela ne les calmait pas sans compter que ce type de contact n'était plus vraiment approprié à leur âge. Il faut aussi savoir passer à autre chose, notamment à la communication verbale. Ce qui n'empêche pas pour autant un gros câlin, de temps en temps, qui fait du bien à tout le monde."

  • Les câlins, aussi importants que les mots et les actes?

"Le câlin ne compense pas tout et ne doit pas tout compenser. Une parole en l'air ou une promesse qui n'est pas tenue ne peut pas et ne sera pas compensée par un câlin."

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV