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Jeannette Bougrab: "Charb est mort debout"

Jeannette Bougrab a choisi de s'exprimer pour la première fois depuis la mort de son compagnon Charb au micro de BFMTV

Jeannette Bougrab a choisi de s'exprimer pour la première fois depuis la mort de son compagnon Charb au micro de BFMTV - BFMTV

"Il est mort debout." "On l'a exécuté parce qu'il défendait la laïcité." C'est avec des sanglots dans la voix que la compagne de Charb a témoigné sur BFMTV jeudi soir au micro de Ruth Elkrief. "J'ai le sentiment d'un immense gâchis", a témoigné Jeannette Bougrab, pour qui "Charlie" doit continuer, sinon on assassinerait "une deuxième" fois ceux qui sont morts mercredi.

Malgré son chagrin et son émotion, Jeannette Bougrab a tenu à témoigner jeudi soir sur BFMTV. Au lendemain de l'attentat sanglant à Charlie Hebdo, dans lequel son compagnon Charb a été assassiné, "j'aimerais qu'on m'explique ce qu'il se passe en France", a demandé l'ancienne secrétaire d'Etat.

"Mon compagnon est mort assassiné parce qu'il dessinait dans un journal", a-t-elle regretté alors qu'elle s'exprimait pour la première fois depuis le drame.

"Des vrais héros"

Si Jeannette Bougrab est plus connue pour son engagement auprès de l'UMP que pour sa relation avec le directeur de la publication de l’hebdomadaire, elle explique simplement qu'elle et Charb se retrouvaient autour d'un combat pour la laïcité. 

"C'étaient des gens exceptionnels, c'étaient des vrais héros, j'étais avec un héros que j'admirais, on était de bords politiques totalement différents mais il m'expliquait que j'étais une communiste qui s'ignorait", confie-t-elle.

"Il est mort debout (…) Ils sont morts pur qu'on puisse demeurer libres en France", a-t-elle exprimé au micro de Ruth Elkrief. "Si j'étais président de la République, je leur donnerais le Panthéon", a ajouté l'ancienne présidente de la Halde.

"Il aimerait qu'on se batte"

Voyant dans cet attentat un "immense gâchis", Jeannette Bougrab refuse de se réjouir des rassemblements, des appels à l'union nationale, et du mot d'ordre #jesuischarlie: "Je ne crie pas victoire parce qu'il est mort". L'ancienne secrétaire d'Etat ne se rendra pas à la grande marche républicaine prévue dimanche prochain, car "ce n'est pas ma place", dit-elle, et la famille de Stéphane Charbonnier non plus.

"Il n'aimerait pas qu'on baisse les bras, il aimerait qu'on se batte. Il n'aimerait pas me voir pleurer", confie-t-elle à propos de son compagnon Stéphane Charbonnier, dit Charb. Jeannette Bougrab estime que "certains ne poursuivront pas l'aventure parce qu'ils sont terrorisés" mais "Charlie doit continuer".

"Si Charlie disparaissait avec ce côté impertinent, ce côté subversif, si on dénature Charlie, on tuera une deuxième fois Stéphane, on tuera une deuxième fois Cabu, on assassinera à nouveau Tignous et Wolinski", prévient-elle.

Le chroniqueur de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux, a d'ores et déjà indiqué que le journal sortirait mercredi prochain.

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jeannette Bougrab:

Karine Lambin