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"Je ne veux plus que ça recommence": le témoignage de la mère de Mélissa, victime d'un "suicide forcé"

Victime de chantage et de violences verbales, la jeune femme s'était donné la mort en 2016 à Chambéry. Sa mère a décidé de témoigner sur BFMTV.

Parmi les mesures retenues par le gouvernement afin de lutter contre les violences conjugales, et dévoilées ce samedi matin par notre antenne, le "suicide forcé". Comprendre: être à l'origine d'un harcèlement moral au sein du foyer qui aurait conduit la victime à se suicider ou à faire une tentative de suicide. Un fait qui devrait plus lourdement puni à l'avenir selon nos informations.

La secrétaire d'État à l'égalité entre les hommes et les femmes Marlène Schiappa a en effet annoncé que la peine, qui est actuellement de 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d’amende, sera doublée pour passer de 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Une nouveauté accueillie d'un bon oeil par la famille de Melissa, une jeune femme qui s'est suicidée en 2016 en sautant de deuxième étage d'un immeuble de Chambéry en Savoie. 

"Elle ne s’est pas jetée comme ça en disant 'j’en ai marre de la vie', pour nous, c'était une fuite, il fallait qu'elle parte, et la seule porte de sortie, c'était celle-ci", explique auprès de BFMTV Corinne Pierrot, sa mère. 

"Je compare avec des coups de couteau" 

Pour cette dernière, le quotidien de sa fille auprès de son compagnon était devenu extrêmement violent. 

"C'est une fille qui était joyeuse, qui aimait travailler, avoir des amis, qui aimait sortir. Et puis petit à petit, c'est l’emprise, c'est des violences verbales, c'est du chantage…", détaille-t-elle. 

De fait, l'enquête a pu démontrer que les violences verbales répétées de son compagnon avaient bien été à l'origine du suicide.

"Je compare avec des coups de couteau, un mot qu’on dit, c’est comme un coup de couteau qu’on reçoit. Je ne veux plus que ça recommence et je ne veux pas non plus que d’autres personnes le fassent à d’autres femmes", conclut encore Corinne Pierrot. 

Le procès doit s'ouvrir en juin prochain.

Hugo Septier