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INFOGRAPHIES. L'épidémie de coronavirus est-elle vraiment en train de ralentir en France?

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Le rythme des morts et des hospitalisations en réanimation semble certes ralentir en France, mais il est bien trop tôt pour crier victoire face à l'épidémie responsable d'au moins 8000 morts dans le pays.

Pour la première fois depuis le 18 mars - date à laquelle remontent les données de Santé Publique France - le nombre de nouvelles réanimations pour des cas de Covid-19 diminue depuis cinq jours d'affilée.

Lundi 30 mars, 475 nouveaux patients contaminés par le coronavirus entraient en soins intensifs. Ce chiffre a baissé au fil des jours jusqu'à atteindre 140, dimanche 5 avril, trois fois moins qu'au début de la semaine.

Même si ces statistiques peuvent paraître rassurantes, il faut tout de même rappeler qu'en tout, 6978 patients se trouvent en réanimation actuellement. Le cap des 7000 cas graves risque donc d'être dépassé dans les prochaines heures.

Pour rappel, avant l'épidémie de coronavirus, la France disposait de 7000 lits de soins intensifs. Ce seuil est cependant en train d'être élevé par les autorités qui affirment posséder désormais 10.000 lits sur l'ensemble du territoire. A terme, l'objectif est d'en avoir 14.000.

Le nombre de nouveaux morts recule aussi, mais plus légèrement

Le nombre de nouvelles morts quotidiennes semble lui aussi en recul, même si celui-ci est moins prononcé comme le montre l'infographie-ci dessous.

Vendredi 3 avril, 588 nouveaux décès dus aux Covid-19 étaient enregistrés en France, un record jusqu'à présent. Dimanche 5 avril, on en comptait "seulement" 357.

"Ne pas crier victoire"

Sur BFMTV, Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital Georges Pompidou préfère rester prudent: 

"Il ne faut pas se faire d'illusions, il ne faut pas crier victoire. Nous étions dans une situation quasi hors de contrôle il y a quelques jours et aujourd’hui on est dans une situation qui ne semble pas être hors de contrôle mais qui est extrêmement tendue."

Dans les régions les plus touchées par l'épidémie, il semble cependant y avoir un recul de la propagation ces derniers jours. Lorsqu'on regarde les courbes des hospitalisations, des patients en réanimations et des morts dûs au coronavirus, celles-ci semblent commencer en effet à s'aplatir.

Sur France Inter, le directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch a cependant réfuté l'idée qu'on avait atteint le pic de l'épidémie.

"La notion de pic vous pouvez d'emblée l'enlever de votre vocabulaire. Un pic ça monte vite et ça descend vite. Là, ça monte vite et ça descendra (...) lentement (...) Le terme de plateau est probablement meilleur. Un plateau, en montagne, ça peut-être un plateau entre deux montagnes, et l'objectif, c'est qu'il n'y ait pas la deuxième montagne qui arrive ou qui arrive trop vite".
Louis Tanca avec AFP