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Incendies dans le Sud: cinq questions pour comprendre

Depuis plusieurs jours, les incendies font rage dans le sud de la métropole et en Corse. Ces feux de forêts soulèvent de multiples questions.

En quelques jours, 7.000 hectares de végétations sont partis en fumée dans le Midi et en Corse. Outre le Var et les Bouches-du-Rhône, les deux départements les plus lourdement frappés, le Gard, le Vaucluse, les Alpes-Maritimes et la Corse sont également touchés. Ces incendies suscitent de nombreuses interrogations. 

Pourquoi autant d'incendies se sont-ils déclarés? 

La profusion des départs de feux, le nombre de fronts contre lesquels les pompiers doivent lutter, alertent les observateurs. Interrogé sur les raison de ce phénomène par Var-Matin, Thomas Curt, directeur de recherches sur les risques d'incendie à l'Institut national de recherches en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture, a avancé l'importance de trois facteurs. La sécheresse en tête: "Même s'il a plu ces derniers temps dans le Sud, la région est toujours dans une intense période de sécheresse. L'Office national des forêts mesure l'humidité de la végétation tous les jours, mais son niveau reste malgré tout très bas."

Le deuxième facteur est aussi lié à la sécheresse, mais en l'occurrence à celle de l'an dernier. L'aridité provoquée par l'été 2016 pèse encore sur la nature où l'on dénombre encore beaucoup de végétations mortes fournissant "un combustible sec" qui alimente les incendies actuels, a expliqué le chercheur. Enfin, le troisième élément tient au fort mistral, qui propage les flammes encore plus rapidement. Ces données expliquent que le Sud-Est soit aussi durement touché. 

Comment enquête-t-on sur l'origine des feux? 

Neuf fois sur dix, les incendies de forêt sont d'origine humaine, selon le consultant environnement de BFMTV, Jean-Louis Caffier, mercredi soir sur notre antenne. Les enquêtes sont d'abord affaire de coordination des services concernés, en premier lieu, pompiers, gendarmes et experts, comme l'a relevé Le Parisien. Parfois, des cellules sont dédiées aux besoins des investigations.

  • Dans un premier temps, il faut localiser le départ de feu, grâce à la récolte de renseignements, une enquête de voisinage et l'examen de la vidéosurveillance éventuellement disponible. On cherche ensuite des indices dans la zone. Enfin, on relève les paramètres météorologiques au moment des faits.

Quels sont les peines encourues pour les responsables des feux? 

Une fois le responsable éventuel trouvé, il doit répondre de ses actes devant la justice. Volontaire ou involontaire, l'acte est passible de graves sanctions. Un départ de feu involontaire peut amener l'individu négligent ou criminel à écoper de deux à trois ans de prison et de 30.000 à 45.000 euros d'amende.

Si le départ de feu est volontaire, les sanctions sont bien plus sévères. Les peines oscillent alors, selon les cas, de 15 ans de prison et 150.000 euros d'amende à la réclusion criminelle à perpétuité et 150.000 euros d'amende également si l'incendie a entraîné la mort d'une personne. 

Quels sont les moyens mis en œuvre contre les feux?

A l'Assemblée nationale, ce mercredi, Edouard Philippe a rendu hommage aux "plus de 6.000 femmes et hommes prennent beaucoup de risques et luttent d'arrache-pied" contre les incendies. Plus largement, explique Le Figaro, qui a fait le point sur les moyens mis en place contre les incendies, 70.000 pompiers sont formés, en France, à lutter contre les feux de forêts. 

Dans le Sud-Est, ils bénéficient de l'appoint précieux des forces militaires de la Sécurité civile, soit 690 personnes. Le pays dispose par ailleurs d'une flotte aérienne de 23 bombardiers d'eau dont 12 avions Canadair. L'Etat essaye d'en obtenir deux supplémentaires auprès de ses partenaires européens. 

Quels sont les dégâts? 

Pour l'heure, 7.000 hectares de végétation ont été dévorés par les flammes, souvent près des habitations, de sorte que dans le Var, les évacuations de riverains se sont multipliées ces dernières heures. A Bormes-les-Mimosas, 10.000 à 12.000 personnes ont été déplacées au cours de la nuit dernière. 

A La Bastidonne, dans le Vaucluse, 1275 hectares ont été ravagés. A Martigues, dans les Bouches-du-Rhône, 400 personnes ont été évacuées, selon un point de la préfecture. 

Robin Verner