BFMTV
Société

"Il m'étranglait, il me tapait": Laura, 31 ans, s'inquiète de la remise en liberté de son ex-conjoint violent

Laura, 31 ans, témoigne sur notre antenne des violences conjugales présumées subies en avril 2018 sous les yeux de sa fille de 2 ans. Aujourd'hui, elle dit ne pas comprendre la décision de remise en liberté de son ex-compagnon et agresseur présumé et craindre pour sa vie.

Sa voix est posée mais son témoignage est glaçant. "Il me saute dessus et il me dit 'Je vais te tuer', il se remet sur ma gorge. Il essaie de passer derrière moi pour me briser la nuque", raconte à BFMTV Laura, une femme de 31 ans. Son ex-conjoint est mis en examen pour tentative de meurtre le 17 avril 2018 mais, dans l'attente de son procès, a été remis en liberté.

"Il rentrait à 3-4h du matin, ivre mort, il me sautait dessus, il m'étranglait, il me tapait. Il allait dans la chambre de ma fille. A chaque fois il fallait que j'y aille pour faire tampon. Il voulait la prendre, une fois il l'a fait tomber par terre", affirme-t-elle. Laura raconte avoir subi ces violences pendant cinq ans.

"Ma fille hurlait"

Jusqu'à cette nuit d'avril 2018 où, après une dispute, elle assure avoir échappé de peu à la mort devant les yeux de sa fille, âgée de 2 ans:

"Ma fille hurlait. J'ai vu la mort dans ses yeux, je me suis dit 'Il faut que je sorte de l'appartement, il faut que je sorte de cet appartement, je vais mourir, je vais mourir'. Et là il m'a cogné la tête contre le mur, plusieurs fois, je suis tombée par terre. Je n'avais plus de force, plus de force."

Des voisins appellent finalement la police et l'homme est arrêté, placé en détention provisoire et mis en examen pour tentative de meurtre. Macabre ironie, il est finalement libéré le 14 février dernier après plusieurs refus, dans l'attente d'un procès dont la date n'a pas été fixé.

"Je ne comprends pas. Il n'y a pas de justice"

"Je ne comprends pas. Il n'y a pas de justice. Je n'en peux plus, je n'en peux plus, je me dis 'Ça va jamais s'arrêter'", confie la femme de 31 ans. 

Même s'il est sous contrôle judiciaire et a interdiction d'approcher Laura, cette dernière dit vivre dans la peur pour elle comme pour sa fille. Sur Twitter, où elle a confié son témoignage à l'origine, Laura affirme l'avoir croisé devant le domicile de ses parents il y a peu.

Selon les dernières données du gouvernement, près de 220.000 femmes ont subi des violences conjugales en 2017 et 130 sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-compagnon. Le collectif "Féminicides par compagnons ou ex" en recense 54 depuis le début de l'année.

Adélaïde Mangin et Eline Dany avec Liv Audigane