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Producteur frappé par des policiers: pour Mathieu Kassovitz, "l'État doit condamner les policiers sans retenue"

"C'est l'anniversaire de La Haine cette année, je suis estomaqué de voir que le film est toujours d'actualité", a déclaré Mathieu Kassovitz sur BFMTV ce vendredi.

"L'État doit les condamner sans retenue". L'acteur et réalisateur Mathieu Kassovitz a réagi ce vendredi sur BFMTV aux images d'un producteur de musique noir violemment frappé par des policiers à Paris samedi dernier. Il avait déjà réagi sur son compte Instagram à la vidéo mercredi, écrivant "voici pourquoi nous continuerons à filmer la police".

"Ça fait 25 ans qu'on demande un débat sur le sujet, enfin cela fait bien plus longtemps, mais pour ma part avec La Haine, ça fait 25 ans", explique-t-il, en référence à son film culte. "C'est l'anniversaire de La Haine cette année, je suis estomaqué de voir que le film est toujours d'actualité".

"Les policiers sont les représentants de l'État, ils ne peuvent pas faire ce qu'ils font et l'État doit les condamner sans retenue, sans autre vision que l'idée de Justice comme elle est appliquée dans le code pénal", dit l'acteur, ajoutant que les représentants de la police doivent également condamner ces actes: "s'ils n'arrivent pas à les condamner au moment où ils dérapent et perdent le contrôle, on est perdu".

Une "contre-vérité à la vérité policière, c'est absolument essentiel"

Il évoque également la proposition de loi sécurité globale et son très controversé article 24, qui vise à interdire de diffuser des images d'un policier qui porteraient "atteinte à son intégrité physique ou psychique". "Cette loi ne doit pas seulement être abandonnée, mais on doit protéger les lanceurs d'alerte, les gens qui ont le courage de filmer", lance Mathieu Kassovitz.

Lui avance l'idée de faire porter aux policiers français des caméras, comme c'est le cas aux États-Unis, "que les policiers se filment eux mêmes et que ces caméras soient vérifiées", déroule-t-il. "Je préfèrerais être filmé. Si je suis coupable, je suis coupable. Même chose pour eux", explique Mathieu Kassovitz, affirmant qu'une "contre-vérité à la vérité policière, c'est absolument essentiel".

"J'ai fait un film qui dit 'jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien'", continue l'acteur, "et en voyant cette vidéo, je ne pense plus que jusqu'ici tout va bien. Je pense qu'on est sur l'atterrissage et que si le gouvernement ne règle pas ce problème-là, il va perdre toute autorité".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV