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Hommage à Rémi Fraisse: une manifestation interdite dégénère à Toulouse

Lors d'une manifestation interdite contre "les violences policières" et en mémoire de Rémi Fraisse samedi 8 novembre à Toulouse.

Lors d'une manifestation interdite contre "les violences policières" et en mémoire de Rémi Fraisse samedi 8 novembre à Toulouse. - Capture BFMTV

Des scènes de guérilla urbaine Toulouse: des échauffourées ont éclaté et deux voitures ont brûlé samedi après-midi lors d'une manifestation interdite. D'autres rassemblements ont lieu à Paris, Notre-Dame-des-Landes, et, malgré l'interdiction, à Rennes.

Nouvelle journée de mobilisation contre "les violences policières" et en mémoire de Rémi Fraisse, ce jeune militant écologiste mort le 26 octobre sur le site du projet de barrage contesté de Sivens (Tarn). Malgré l'interdiction, des manifestations ont eu lieu ce samedi à Toulouse et à Rennes. Des rassemblements ont également lieu à Paris et à Notre-Dame-des-Landes, et un autre à Lille.

> Heurts à Toulouse

A Toulouse, 500 personnes selon la préfecture ont répondu à l'appel à manifester, malgré l'interdiction. Des affrontements ont eu lieu dans le centre ville entre la police et un noyau de quelque 150 manifestants. Des échauffourées ont éclaté, et des gaz lacrymogènes ont été lancés.

Les manifestants ont été pris en sandwich par un important dispositif des forces de l'ordre pour ne pas accéder au centre-ville. Au moins deux membres des forces de l'ordre ont été blessés et 21 personnes interpellées. 17 personnes ont été placées en garde à vue, et le sont toujours dimanche matin. Un véhicule a été brûlé et un établissement bancaire dégradé, selon une source policière.

"Par mesure de sécurité, certaines lignes de métro et de bus ont été interrompues et des stations de métro fermées", selon le préfet Pascal Mailhos, qui a aussi fait état de "plus de 400 policiers et gendarmes mobilisés".

Ces "violences ont été le fait d'une minorité d'individus", a souligné dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, saluant le travail des forces de l'ordre lors de ces manifestations. Il a renouvelé son "message d'appel au calme, au respect et à la responsabilité".

> Manifestation dans le calme à Rennes, malgré l'interdiction

A Rennes, environ 200 à 300 manifestants ont défilé, malgré l'interdiction de la préfecture, samedi après-midi "contre les violences d'Etat" et en hommage à Rémi Fraisse. Dans un centre-ville où ne flânaient que de rares passants, avec de nombreux commerces fermés, les manifestants se sont regroupés dans le calme avant de défiler, sans se heurter aux forces de l'ordre présentes en masse. Plusieurs centaines d'hommes ont été mobilisés, selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

"Être tué parce qu'on manifeste pour ses idées, c'est ça la démocratie", pouvait-on lire sur l'un des rares pancartes des manifestants qui défilent aux cris de "Flics, porcs, assassins". Cette manifestation a été interdite par la préfecture d'Ille-et-Vilaine en raison des violences et dégradations qui ont marqué les trois autres manifestations précédentes à Rennes.

> Près d'un millier de manifestants à Paris

A Paris, environ 1.400 personnes selon la police se sont réunies dans l'après-midi, dénonçant les "violences policières" après la mort de Rémi Fraisse. Le cortège, dans lequel se trouvaient beaucoup de jeunes, a quitté la place de la Bastille vers 14 heures, scandant des slogans très virulents contre les forces de l'ordre -présentes en nombre- comme "flics, porcs assassins". Cette manifestation parisienne, à l'appel de plusieurs partis et organisations, dont le Front de Gauche, la Fédé anarchiste, les Amis de la terre, l'Unef, l'UNL, avait été autorisée par la préfecture.

Parmi les banderoles, "police assassine, justice complice", "justice exigée pour Rémi Fraisse", "fin de l'impunité policière", "politique sécuritaire assez!", "Rémi notre compagnon d'arbre". Certains brandissaient la photo du jeune homme, d'autres des clichés de personnes présumées victimes de violences policières, Zyed et Bouna, Ali Ziri, Amine Bentounsi.

> Marche à Notre-Dame-des-Landes

A Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), entre 1.000 et 2.000 personnes, selon la préfecture et les organisateurs, ont participé samedi après-midi à une marche contre "les violences policières" sur le site du projet contesté d'aéroport, où des heurts violents avec les forces de l'ordre avaient eu lieu il y a deux ans. Le cortège, réunissant toutes les composantes de la lutte anti-aéroport, s'est élancé dans le calme peu avant 15 heures derrière deux pancartes proclamant "Testet - 1000 vaches - NDDL, Répression partout, Solidarité!" ou encore "Argent public, Intérêts privés".

Cette marche, organisée par le Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d'aéroport (Copain 44), avait pour but de montrer que la "détermination à enterrer ce foutu projet est intacte" et d'"exiger de Manuel Valls l'interdiction de l'utilisation des armes létales", a expliqué Jean-François Guitton, membre de Copain 44.

V.R. avec AFP