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Grève aux urgences: plus de 200 services toujours mobilisés, avec les mêmes revendications

Le couloir du service des urgences du CHU de Fort-de-France en Martinique (Photo d'illustration).

Le couloir du service des urgences du CHU de Fort-de-France en Martinique (Photo d'illustration). - PATRICE COPPEE / AFP

Démarré mi-mars, le mouvement de grève qui touche les services hospitaliers se poursuit largement au coeur de l'été. Plus de 200 services sont touchés, malgré une baisse de la mobilisation constatée au sein des sites de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

La période estivale n'aura pas eu raison de la mobilisation. Amorcé au printemps, le mouvement de grève au sein des services d'urgences à bout de souffle ne faiblit pas. Dans un communiqué publié mercredi, le collectif Inter-Urgences recensait 216 services toujours mobilisés.

Contacté par BFMTV.com au lendemain de cette déclaration, le président du collectif, Hugo Huon, précise que le nombre d'unités toujours grévistes se porte désormais à 215 ce jeudi, sur les quelque 640 établissements de santé accueillant un service d'urgences recensés par le ministère de la Santé en 2015. "Ça a doublé par rapport à juin", poursuit le soignant.

Localement au sein des établissements de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), la mobilisation semble toutefois marquer le pas. Sept services ont cessé la grève au cours des dix derniers jours, sur les 25 existants.

Pas de sortie de crise à l'horizon

Les revendications portées depuis le début de la mobilisation n'ont pas changé, concentrées autour de deux axes: obtenir une amélioration significative de l'accueil des patients d'une part, et des conditions de travail des personnels soignants d'autre part.

En juin, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé le déblocage d'une enveloppe de 70 millions d'euros pour répondre à la crise: 55 alloués au paiement de la prime de risque des soignants et 15 pour faciliter les recrutements dans les services au cours de l'été.

Des annonces qui n'ont ni permis de déboucher sur une sortie de crise, ni convaincu le collectif Inter-Urgences. "Si on regarde ce qui est fait pour les patients à l'heure actuelle, le gouvernement n'a pas répondu", constate amèrement Hugo Huon.

"La gestion du conflit social a été catastrophique, [Agnès Buzyn] a mis très longtemps à en prendre la mesure", pointe-t-il. "Répondre par une enveloppe de 15 millions d'euros (pour des recrutements) pour l'été, c'est sporadique", poursuit-t-il, rappelant que de tels besoins se font sentir tout au long de l'année.

Au début du mois d'août, plusieurs médias rapportaient l'histoire d'un septuagénaire, restée cinq jours sur un brancard dans l'enceinte des urgences de Saint-Étienne (Loire), faute de chambre disponible pour l'accueillir.

Signe que l'issue de la grève n'est pas encore à l'ordre du jour, le collectif Inter-Urgences lancera un site Internet le 9 août, dans l'optique d'améliorer la communication et de fédérer les unités grévistes. "Cela nous permettra d'avoir une meilleure synthèse de ce qu'il se passe dans les services", explique Hugo Huon à BFMTV.com. Et ainsi de faire remonter les problématiques locales au niveau national: "L'idée, ce n'est plus de laver le linge sale en famille."

Clarisse Martin