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Fusion de Boulogne-Billancourt et d’Issy-les-Moulineaux: les habitants en faveur d’un référendum

Vue de Boulogne-Billancourt.

Vue de Boulogne-Billancourt. - Thomas Samson - AFP

D’après un sondage Ifop pour le JDD, 83% des habitants de Boulogne-Billancourt et d’Issy-les-Moulineaux souhaitent se prononcer sur la fusion des deux communes lors d’un référendum. En fusionnant, les deux communes formeraient une nouvelle ville de 180.000 habitants.

En se mariant Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux deviendraient la 12e ville de France. La nouvelle entité serait également, à la place de Boulogne-Billancourt, la ville la plus peuplée d’Ile-de-France après Paris. Un poids sur lequel André Santini (LR) maire d'Issy-les-Moulineaux et Pierre-Christophe Baguet (LR) comptent pour pouvoir peser dans le Grand Paris.

Mais le projet de fusion, entériné en juillet dernier ne suscite pas forcément l’enthousiasme de la population. Selon un sondage Ifop paru dans le JDD, les habitants de deux villes sont moins d’un sur deux à approuver le projet (48%). Et après un mois de réunions publiques dans les deux villes, les habitants sont 83% à souhaiter un référendum, toujours selon l’Ifop.

Une idée de référendum local défendue également par l’opposition de gauche de Boulogne et d’Issy. Pour le groupe PS d'Issy-les-Moulineaux, la question de la fusion n'avait pas été évoquée dans les programmes des campagnes municipales et nécessite donc une consultation citoyenne. L'opposition déplore également d'être mise à l'écart des travaux de concertation et soulève des questions sur l'avenir des deux villes. Début novembre, le groupe PS d'Issy s'interrogeait sur la répartition de la dette de Boulogne-Billancourt, plus endetté qu'Issy-les-Moulineaux. Une crainte exprimée dans le sondage Ifop pour le JDD dans lequel 71% des administrés d'Issy-les-Moulineaux craignent d'être "pénalisés fiscalement" "compte tenu de la forte dette de Boulogne-Billancourt".

Une fusion effective pour 2018

Au cours des réunions publiques, le projet a également soulevé des questions de la part des habitants, par exemple sur une éventuelle augmentation des impôts locaux, puisque les deux communes n'appliquent pas les mêmes taux pour la taxe foncière et la taxe d'habitation. L'adjointe aux finances d'Issy s'est prononcée en faveur d'un "rééquilibrage, étalé dans le temps", rapporte Le Parisien avec une différence de facture qui n'excédera pas "quelques dizaines d'euros". 

Les deux municipalités mettent également en avant la baisse des dotations aux collectivités pour justifier le projet de fusion, qui permettrait de faire des économies. "Seule une ville forte et puissante peut offrir des services de proximité de qualité", promet un film de présentation. Ce mois-ci, l'Etat doit présenter ses conditions pour l'application de ce rapprochement. Puis en décembre, un premier "bilan d'étape" sera présenté aux élus des deux conseils municipaux. Si les communes suivent leur calendrier, la nouvelle ville - dont le nom reste aussi à définir - verra le jour en 2018.

Carole Blanchard