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Fermeture des voies sur berge: les nuisances sonores aussi ont augmenté

CARTE INTERACTIVE - Une enquête de Bruitparif que BFM Paris a pu consulter souligne une "augmentation significative des nuisances sonores" depuis la fermeture des voies sur berge. Sur certains axes où se sont reportés les automobilistes, le niveau sonore a quasiment doublé.

Les mauvais chiffres s'accumulent sur la fermeture des voies sur berge. Après la préfecture qui constatait à nouveau lundi une augmentation des temps de trajet depuis leur piétonisation, un rapport de Bruitparif vient à son tour souligner les conséquences de la fermeture des voies sur berge pour les quartiers riverains.

Ce rapport s'appuie notamment sur l'exploitation de six mesures réalisées grâce à des capteurs sur les quais hauts, en aval de la voie Georges Pompidou, fermée officiellement depuis septembre. Des données relevées sur le mois de novembre et comparées à celles de l'an dernier sur le même mois. Sur ces six points qui vont du quai de la Mégisserie au bout du quai Henri IV, le constat est sans appel: le niveau sonore a augmenté.

"Il s'agit de comparer les niveaux de bruit avant et après la fermeture. Il apparaît aujourd'hui assez clairement que nous avons une augmentation significative et même très significative la nuit", explique Didier Gonzales, président de Bruitparif. 

Klaxons et sirènes plus nombreux

Au niveau du quai Henri IV, à proximité du pont de Sully, le volume sonore a en effet quasiment doublé la nuit d'après le rapport, avec jusqu'à +3,4 décibels entre 22 heures et 6 heures. Même constat au quai de la Mégisserie avec jusqu'à 3,2 décibels en plus la nuit. 

"C'est 3 décibels en plus du niveau qui était déjà assez fort et donc là nous sommes sur des seuils critiques (...). Quand on parle de doublement du bruit, c'est un bruit global. Mais il faut rajouter les pics de bruit. Il y a plus de pics de bruit, plus de klaxons, plus de sirènes, plus de motos bruyantes etc", souligne Didier Gonzales.

Les riverains exaspérés

Le plus grand encombrement de ces axes pourrait favoriser l'utilisation plus fréquente des klaxons ou des sirènes par les véhicules de police ou de secours. Une situation qui exaspère les riverains comme Kamlawtee qui habite au rez-de-chaussée.

"En quinze en, je n'ai jamais vu ça. La journée on ne le sent pas trop parce qu'on travaille, mais la nuit on ne peut pas dormir. Je prends des comprimés pour dormir, mais même ça, ça ne suffit pas (...). C'est invivable", explique-t-elle. 

Le rapport note toutefois une baisse du bruit plus loin au bout du quai Henri IV en journée, avec entre 0.4 et 0.9 décibels en moins. Mais d'après Bruitparif, le constat s'explique par "la configuration des lieux puisqu'à cet endroit la voie Georges Pompidou rejoint les quais hauts".

Un dispositif de mesure plus large a également été mis en place par Bruitparif et évaluera jusqu'à la fin de l'année 2017 les effets de la fermeture des voies sur berge sur le bruit. Avec 83 capteurs de bruit répartis aussi bien à Paris qu'en périphérie, les experts vont suivre la situation sur un an.

Carole Blanchard, Jeanne Daudet et Emeline Gaube