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Vers des groupes de niveau au collège ?

« T'es dans le groupe des bons ou dans celui des mauvais, toi ? », se demanderaient alors nos collégiens.

« T'es dans le groupe des bons ou dans celui des mauvais, toi ? », se demanderaient alors nos collégiens. - -

Le Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), 2e syndicat d'enseignants du 2nd degré veut mettre en place des groupes de niveau au collège. Objectif affiché : que chaque élève apprenne à son rythme, en fonction de ses capacités. Mais le SNES FSU, principal syndicat d'enseignants du 2nd degré, y voit « des méthodes de relégation » des « moins bons » élèves.

Le groupe des « bons » élèves, et celui des « moins bons ». Faut-il mettre en place des groupes de niveau au collège ? C'est la proposition faite hier mardi par le Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), deuxième syndicat d'enseignants du second degré. Objectif : permettre aux élèves d'apprendre à leur rythme, en fonction de leurs capacités.

2 groupes pour 3 matières

Concrètement, le Snalc propose de différencier les classes à partir de la 5e. Les collégiens seraient répartis en deux groupes en fonction de leur niveau dans trois matières : le français, les mathématiques et la première langue vivante. Le reste du temps, les élèves seraient réunis dans une même classe. La 6e servirait donc d'année d'aiguillage pour constituer ces groupess. Le syndicat considère que répartir les élèves par niveau permettrait d'adapter le rythme à chacun. Les bons élèves pourraient ainsi prendre de l'avance et entamer le programme des années suivantes. Les moins bons auraient, eux, plus de temps pour bien intégrer les bases.

« Les élèves n’ont pas tous le même potentiel »

« Le problème aujourd’hui, explique Jean-Rémi Girard, secré­taire natio­nal du Snalc, en charge de la pédagogie, c’est que le collègue unique est surtout un collège uniforme : on demande à tous les élèves d’apprendre la même chose, au même rythme. Or les élèves n’ont pas tous le même potentiel, les mêmes capacités, la même vitesse d’apprentissage. Il faut savoir différencier les parcours, afin de faire réussir tout le monde. Ils ne seront pas séparés, ils seront uniquement regroupés sur certaines matières, mais ils suivront toutes les autres matières ensemble. Il n’y a aucune création de filière, tout le monde peut arriver aux mêmes orientations, mais il y a différenciation des rythmes d’apprentissage ».

« Ça va être une pré-orientation pour les lycées professionnels »

Au SNES FSU, le principal syndicat d'enseignants du second degré, on voit ça d’un autre œil. Daniel Robin, secrétaire général du syndicat : « Les groupes de niveau ce sont des méthodes de relégation. Ces élèves vont être regroupés à part, et donc ça va être une pré-orientation pour les lycées professionnels ; je ne me fais aucune illusion. Oui il faut individualiser l’aide, mais il n’y a pas de raison de séparer les élèves, en les regroupant dans des classes dans lesquelles on leur donnera des objectifs pédagogiques différents de ceux donnés aux élèves prédestinés à faire des études plus longues ».

J.V. avec Victor Joanin et Martin Bodréro