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Vallaud-Belkacem ouvre 500 postes de professeurs en Seine-Saint-Denis

Najat Vallaud-Belkacem et Claude Bartolone, lors d'une visite dans un collège de Bondi (Seine-Saint-Denis), ce mercredi.

Najat Vallaud-Belkacem et Claude Bartolone, lors d'une visite dans un collège de Bondi (Seine-Saint-Denis), ce mercredi. - Stéphane de Sakutin

La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem propose un plan sur trois ans pour renforcer les effectifs dans les collèges de Seine-Saint-Denis. Malgré les mesures annoncées, les syndicats d'enseignants appellent à la grève jeudi.

Alors que les enseignants de Seine-Saint-Denis s'apprêtent à faire grève, ce jeudi, la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, s'est rendue sur place pour annoncer un plan en neuf mesures sur trois ans, qui vise à renforcer les effectifs des établissements du département.

La ministre promet une "vraie politique en matière de ressources humanitaires", dans ce département où les vacataires sont particulièrement nombreux.

"Les difficultés sont connues", a affirmé Najat Vallaud-Balkacem. "J'ai entendu l'appel des parents, les besoins ici sont singuliers. On ne peut pas traiter les territoires de façon indistincte et indifférenciée, il faut adapter les réponses".

Entre 2015 et 2017, 500 nouveaux postes de professeurs seront donc ouverts en Seine-Saint-Denis, et treize zones seront redéfinies en réseaux d'éducation prioritaire (REP, les anciennes zones d'éducation prioritaire).

Plus de places aux concours classiques

Les autres mesures visent à renforcer l'attractivité d'un département qui n'est pas forcément le premier choix des nouveaux professeurs. De nouvelles places vont être ouvertes aux concours: en 2015, 1.685 postes seront donc ouverts pour les professeurs dans l'Académie de Créteil, qui regroupe la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne.

En 2014, 1.090 postes étaient ouverts. Ce nombre élevé de nouvelles places aura pour effet de faire augmenter le nombre de candidats. Le ministère promet de garder un nombre élevé de postes ouverts pendant au moins trois ans.

Un concours pour les candidats des autres académies, un pour les enseignants vacataires

En outre, un deuxième concours, qui recrutera 500 personnes, a été ouvert en 2015, qui prendra place après celui des autres académies. "Des candidats d'une grande qualité n'ont pas été recrutés dans des académies très sélectives", explique le ministère dans un communiqué.

Un troisième concours permettra aux enseignants vacataires de devenir titulaires. Enfin, les étudiants visant à devenir professeurs pourront également enseigner en alternance dès le M1, accompagnés par des tuteurs expérimentés.

Les syndicats ne sont pas convaincus

Les mesures ne convainquent pas les syndicats, qui maintiennent l'appel à la grève, jeudi. Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a qualifié les annonces de "peu claires et insuffisantes", et estimé que "les remplacements non assurés et la rotation importante" méritaient "de réfléchir sur les conditions de travail" en Seine-Saint-Denis.

Pour l'association des parents d'élèves, la FCPE, il s'agissait avant tout de mettre en place "un plan de rattrapage pour les enseignants". "Il faut arrêter de discriminer la Seine-Saint-Denis, les choses sont en train de changer", a estimé Rodrigo Arenas, président de la première fédération de parents d'élèves dans le département.

Joseph Sotinel avec AFP