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Université: la course aux places assises dans les amphithéâtres

Avec l'augmentation du nombre d'étudiants en fac, les établissements se retrouvent pris d'assaut et les salles de cours sont trop petites pour les accueillir.  Deux syndicats étudiants dénoncent le manque de moyens alloués aux universités.

Des étudiants assis dans des allées, d'autres debout pendant les heures de cours ou même des élèves qui courent dans les couloirs: la chasse à la place assise dans les salles de cours des universités est lancée depuis la rentrée. Deux syndicats étudiant dénoncent les conditions de rentrée difficile et le manque de moyens alloués aux établissements pour accueillir la totalité des élèves dans des conditions décentes. 

Pour alerter les pouvoirs publics, ils ont lancé un Tumblr, Ma salle de cours va craquer. On y retrouve des photos d'amphithéâtres archi-bondés, de salles de travaux pratiques avec des étudiants debout ou assis à même le sol ou encore des fils d'attente devant l'entrée des universités ou devant le restaurant universitaire. 

65.000 de plus par rapport à 2014

Cette situation serait en partie due à une augmentation croissante du nombre d'étudiants entrant en université. Cette année, il y a 65.000 étudiants de plus qu'en 2014. "Face à cette évolution démographique, il n'y a pas de moyens qui sont mis donc ça veut dire très concrètement qu'on a un embouteillage à l'université (...) et des conditions d'étude qui se dégradent", relève pour BFMTV William Martinet, le président de l'Unef.

Et aucun établissement n'échappe à la règle. Sont épinglées, l'université d'Amiens, celle d'Aix-Marseille, de Strasbourg ou de Lyon. A ceux-là s'ajoutent également ceux de Nanterre ou de Paris 8 à Saint-Denis où le nombre d'inscrits a augmenté de 20% en un an. "Si nous avions plus de places, si nous avions plus d'enseignants, si nous avions plus d'argent, nous pourrions sans doute augmenter certaines capacités d'accueil", reconnaît Danielle Tartakowsky, la présidente de Paris 8, qui se réjouit malgré tout de l'arrivée de nouveaux étudiants.

Journée de mobilisation

Cette explosion du nombre d'élèves a une autre conséquence: de nombreux choix d'orientation se font désormais par défaut, faute de place dans certaines filières. Au début du mois, William Martinet parlait de plus de 3.000 élèves qui n'avaient pas de places ou qui n'étaient pas inscrits dans la filière de leur choix.

Alors que Manuel Valls va visiter ce lundi l'université d'Avignon à l'occasion de la pré-rentrée universitaire, les syndicats appellent le gouvernement à l'aide sur ces questions. Une journée de mobilisation est prévue mi-octobre devant le ministère de l'Enseignement supérieur, rue Descartes, à Paris.

J.C. avec Alexis Cuvillier et Antoine Pollez