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Un appel à la grève ce mardi dans les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé que les professeurs de écoles seraient augmentés en 2016.

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé que les professeurs de écoles seraient augmentés en 2016. - Jean-Pierre Clatot-AFP

Mi-octobre à Bobigny, des représentants syndicaux avaient brossé un tableau apocalyptique de la situation des écoles, lycées et collèges de Seine-Saint-Denis, due à un manque structurel de moyens humains et matériels.

Enseignants, infirmières scolaires, assistantes sociales, assistants d'éducation et agents territoriaux: dans un rare mouvement commun, les syndicats des personnels des établissements de Seine-Saint-Denis appellent ce mardi à une journée de grève afin de réclamer un "plan de rattrapage pour les services publics" de leur département, le plus pauvre de France métropolitaine.

Mi-octobre à Bobigny, lors de la conférence de presse annonçant cette mobilisation, des représentants syndicaux avaient brossé un tableau apocalyptique de la situation des écoles, lycées et collèges de Seine-Saint-Denis, due à un manque structurel de moyens humains et matériels. Situation aggravée par l'épidémie de Covid-19 et le premier confinement, "qui a profondément creusé les inégalités scolaires".

Une insuffisance des services publics

En octobre 2019, après la publication d'un rapport parlementaire qui avait mis en évidence l'insuffisance des services publics (éducation, justice, santé et police) en Seine-Saint-Denis, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe avait dévoilé une batterie de 23 mesures d'aides à ce territoire qui cumule les difficultés, dont la mise en oeuvre se fait toujours attendre.

Les députés auteurs de ce rapport pointaient notamment du doigt le fait que les élèves de Seine-Saint-Denis, à la fin de leur scolarité, perdent en moyenne une année d'enseignement en raison du non-remplacement des professeurs absents. Et soulignaient que "l'établissement scolaire le moins bien doté de Paris reste mieux doté que le plus doté de Seine-Saint-Denis" .

Des mesures gouvernementales en deça des attentes

Parmi les mesures annoncées par le gouvernement figurait une prime de "fidélisation" de certains fonctionnaires restant au moins cinq ans dans le département.

Fin septembre, les élus locaux ont dressé un bilan sévère du plan gouvernemental, "en-deçà" des enjeux d'un territoire dont la crise sanitaire a exacerbé les fractures socio-économiques.

Dans ce département d'1,6 million d'habitants, qui connaît la plus forte surmortalité liée à l'épidémie de Covid-19, le taux de pauvreté atteint 28,6%, soit le double de la moyenne nationale.

Lors de leur appel à la mobilisation, les syndicats dénonçaient la multiplication "inquiétante" des cas de coronavirus, dans des établissements aux locaux "exigus" qui ne permettent pas la mise en application de la distanciation sociale, et où le "manque d'agents" et "le coût des produits d'entretien" rendent parfois le nettoyage impossible.

Mardi dernier, le mouvement national de grève lancé pour demander un renforcement du protocole sanitaire dans les établissements scolaires a été faiblement suivi selon les chiffres du ministère, bien plus pour les syndicats, qui espèrent que "l'avertissement" sera entendu.

Cy.C avec AFP