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Rentrée de transition pour la formation des enseignants

Dans une école à Vincennes. La rentrée scolaire se fait ce mercredi en France avec certains nouveaux enseignants dépourvus de formation pédagogique, une situation que dénoncent syndicats de professeurs et associations de parents d'élèves. /Photo d'archive

Dans une école à Vincennes. La rentrée scolaire se fait ce mercredi en France avec certains nouveaux enseignants dépourvus de formation pédagogique, une situation que dénoncent syndicats de professeurs et associations de parents d'élèves. /Photo d'archive - -

par Vincent Chauvet PARIS (Reuters) - La rentrée scolaire se fait ce mercredi en France avec certains nouveaux enseignants dépourvus de formation...

par Vincent Chauvet

PARIS (Reuters) - La rentrée scolaire se fait ce mercredi en France avec certains nouveaux enseignants dépourvus de formation pédagogique, une situation que dénoncent syndicats de professeurs et associations de parents d'élèves.

La réforme du mode de recrutement des nouveaux enseignants, appelée "mastérisation", consiste à ouvrir l'accès aux métiers d'enseignement aux seuls titulaires d'un master (obtenu en cinq années après le baccalauréat, contre un recrutement possible après quatre ans d'études supérieures auparavant) et à supprimer les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).

La rentrée 2010 sera particulière car elle verra arriver la première promotion d'enseignants recrutés directement après un master, alors que les formations spécifiques et les stages d'initiation à l'université n'étaient pas mises en place et ne commencent à l'être que cette année.

Pour le Snes (Syndicat national des enseignants du second degré), qui appelle à la grève dès la rentrée contre la réforme, "enseigner, c'est est un métier qui s'apprend".

Le principal syndicat du second degré s'inquiète du fait que des professeurs stagiaires soient installés cette année dans des classes sans avoir reçu aucune formation préalable à l'enseignement, en raison de la période de transition que constitue l'année scolaire 2010-2011.

"Les conditions d'entrée dans le métier des professeurs stagiaires relèvent plus du bizutage que de la formation", écrit le syndicat dans un communiqué, dénonçant également le fait qu'à partir de la rentrée 2010, des étudiants de master puissent être amenés à effectuer des remplacements dans les classes.

"C'est la réforme la plus catastrophique de ces quinze dernières années", estimé Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves), l'une des deux grandes associations de parents d'élèves.

Les 18.000 nouveaux enseignants recrutés cette année sans être passés ni par l'IUFM ni par les nouveaux masters et qui subissent cette transition sont là pour 30 ans, a-t-il expliqué.

"FORMATION PAR LA PRATIQUE"

Il a dit à Reuters que "les suivants ne seront pas mieux lotis, car la réforme supprime totalement la formation pédagogique des enseignants, comme les cours de psychologie de l'enfant, ou de gestion des conflits."

"Au Danemark, pays souvent cité en exemple par le ministre, les futurs enseignants ont trois ans et demi de formation pédagogique", a-t-il ajouté.

Les futurs maîtres devront à partir de cette année suivre entre la licence et le master un cursus universitaire dans lequel il pourront faire 108 heures de stage d'observation et 108 heures de stage rémunéré.

Une fois recrutés, ils enseigneront directement dans les classes tout en suivant une formation continue de 400 heures selon des modalités définies localement.

Ils seront alors suivis par un tuteur, selon la méthode dite du "compagnonnage", et bénéficieront la première année d'une revalorisation d'environ 150 euros par mois.

"Cette nouvelle formation, c'est d'abord une élévation du niveau de qualification", a expliqué mardi devant les journalistes le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, à l'occasion de son allocution de rentrée au ministère.

"La réforme du recrutement, c'est aussi plus de formation dans la réalité de la classe, une formation par la pratique professionnelle et pas uniquement pour cette pratique."

Mais pour Jean-Jacques Hazan, qui a décidé d'attaquer les décrets de la réforme devant le Conseil d'Etat, "cette réforme est motivée par des raisons budgétaires et idéologiques, et tout est fait par décret sans consulter l'Assemblée, alors que ce sont des sujets qui sont pourtant du domaine de la loi".

Vincent Chauvet, édité par Yves Clarisse