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Réforme du collège: polémique sur l'enseignement de l'histoire de France

La réforme du collège est très décriée, notamment à droite (photo d'illustration).

La réforme du collège est très décriée, notamment à droite (photo d'illustration). - Damien Meyer - AFP

Certains détracteurs affirment que l'histoire de la chrétienté en France va être passée sous silence, au détriment de l'histoire de l'islam. Le gouvernement dément.

Accusé de vouloir tuer l'enseignement de l'allemand, du latin et du grec à travers son projet de réforme du collège et des programmes, le ministère de l'Education est désormais soupçonné de négliger l'histoire de France.

En cause, le volet histoire des nouveaux programmes du CP à la 3e, dont une première mouture a été présentée en avril par le Conseil supérieur des programmes. Dans ce projet, les thèmes sont divisés en sous-thèmes, dont certains sont obligatoirement traités et d'autres laissés au choix de l'enseignant. Or en 5e, si l'enseignement de l'histoire de l'islam est présenté comme un module obligatoire, celui de la chrétienté au Moyen-Age est facultative. Une vision qui hérisse le poil des détracteurs.

"Tout ce qui rappelle tant les racines chrétiennes de la France que le fait national -conflits, annexions de provinces, traités entre Etats- se trouve passé sous silence", regrette l'historien Patrice Gueniffey, historien, dans un entretien au Figaro. "L'histoire de France ne sera plus enseignée de la même manière", assure pour sa part le porte-parole de l'UMP, Sébastien Huyghe.

La naissance de la chrétienté enseignée...dès la 6e

Des "contre-vérités", selon Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes. Affirmer qu'on veut faire fi des racines chrétiennes du pays est "un mensonge délibéré, proféré pour des raisons idéologiques et politiciennes", s'indigne le responsable. La naissance de l'islam fait certes partie des thèmes obligatoires en début de 5e, mais "c'est déjà le cas depuis des décennies" souligne-t-il. Et "les naissances du judaïsme et du christianisme sont bien évidemment aussi enseignées obligatoirement, mais en classe de 6e, pour respecter la chronologie".

Les élèves de 5e et des classes supérieures "reviendront d'ailleurs forcément sur le christianisme et l'Eglise à travers la royauté absolue et même la République. Il serait difficile d'aborder ces thèmes sans évoquer la relation des pouvoirs nationaux avec l'Eglise", note-t-il.

"On fait confiance aux professeurs"

Quant aux thèmes laissés au choix de l'enseignant, ce sont "des orientations pour aborder de deux manières différentes le thème principal", explique-t-il. "On part du principe que l'on fait confiance aux profs, dans le respect des programmes, et c'est peut-être cela qui gêne certains".

Ces programmes donneront lieu à une consultation en ligne auprès de tous les enseignants de France du 11 mai au 12 juin, ainsi qu'à des discussions avec syndicats, représentants des différentes disciplines et corps d'inspection, dont les résultats seront utilisés pour affiner les propositions.

A. G.