BFMTV

Pédophilie dans les écoles : une enquête administrative lancée par Najat Vallaud-Belkacem

-

- - AFP.

Une semaine après l'interpellation d'un directeur d'école et de nouveaux signalements dans de possibles cas de pédophilie dans l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé ouvrir une enquête administrative sur les dysfonctionnements qui ont pu mener à cela. Elle vise notamment une mauvaise transmission d'informations entre le ministre de la Justice et l'Education nationale.

"Nous prenons le sujet à bras le corps". La ministre de l'Education nationale s'est expliqué ce mercredi sur les dysfonctionnements qui ont pu permettre à un enseignant déjà condamné pour des agressions sexuelles sur mineurs de continuer à exercer son métier. Depuis le perron de son ministère, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé la mise en place d'une enquête administrative, menée conjointement avec le ministère de la Justice. 

"Nous avons diligenter une enquête administrative qui a vocation à faire la lumière sur les défaillances de notre système, et pour corriger ses dysfonctionnements", a-t-elle indiqué. La ministère déplore que "la condamnation judiciaire (du directeur d'une école dans l'Isère, NDLR) n'ait pas été transmise aux services de l'Education nationale, ce qui a permis qu'il passe entre les mailles du filet". "C'est intolérable". Pour elle, "il n'est pas possible d'avoir un enseignant dans une salle de classe condamné pour de tels faits".

16 cas de condamnations en 2014

La ministre a également annoncé organiser, toujours avec Christiane Taubira, une réunion avec les procureurs généraux et recteurs, "pour travailler à renforcer la fluidité dans l'information nos deux services".

Cette obligation de transmission des informations est soulignée dans une circulaire de la garde des Sceaux, dont la publication la plus récente date du 11 mars dernier. Mais elle n'est pas toujours appliquée, comme l'ont montré les affaires de Villefontaine, dans l'Isère, et de Rennes. Les casiers judiciaires des fonctionnaires sont examinés à leur embauche, mais rarement en cours de carrière. 

Mais Najat Vallaud-Belkacem demande à "ne pas jeter l'opprobre" sur toute une profession à la lumière de ces faits isolés. Elle indique par ailleurs qu'en 2014, "nous avons eu 16 cas de condamnations d'enseignants pour détention d'images pédopornograhiques ou pour des cas de pédophilie et ils ont tous été révoqués de l'Education nationale." 

I . V.