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Minute de silence: 200 incidents dans les écoles, 40 signalés à la police

Une élève accrochant un message de soutien à la grille de la préfecture d' Ajaccio en Corse, le 8 janvier

Une élève accrochant un message de soutien à la grille de la préfecture d' Ajaccio en Corse, le 8 janvier - Pascal Pochard-Casabianca - AFP

Ces incidents sont "directement" liés à la minute de silence observée le 8 janvier en mémoire des victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, révèle un communiqué du ministère de l’Éducation nationale. Le député UMP Eric Ciotti demande un suivi pour les familles et les élèves qui n'ont pas respecté ce moment de recueillement.

Au lendemain de l'attentat meurtrier à Charlie Hebdo, la France entière avait observé une minute de silence en hommage aux victimes. Même si le phénomène reste "très minoritaire", comme l'a souligné mardi le Premier ministre Manuel Valls, des perturbations ont été constatées dans les écoles lors de ce moment de recueillement. Indigné par le comportement des élèves récalcitrants, le député UMP, Eric Ciotti a a écrit à la ministre de l'Éducation pour demander que soient suivis les élèves et les familles des mineurs qui n'ont pas respecté la minute de silence.

Un recensement non-exhaustif

Dans un communiqué, le ministère de l'Education nationale a fait état de quelque 200 incidents liés aux attentats dans les établissements scolaires, dont une quarantaine ont été signalés à la police et la justice.

Selon ce texte publié dans la nuit de mardi à mercredi, les rectorats ont informé le ministère des incidents liés à la minute de silence observée le 8 janvier, en mémoire des 12 morts de Charlie hebdo. "Les services académiques ont porté à notre connaissance une centaine d'incidents directement liés à cette minute de silence", assure le ministère.

"A la demande du ministère, les jours suivant les événements ont également fait l'objet d'une vigilance particulière et d'une demande de remontée d'informations qui complète ce soir ce panorama d'une centaine d'autres incidents signalés", poursuit le communiqué. Le ministère précise que les données sont déclaratives et ne concernent que des incidents qui n'ont pas pu être réglés en classe par des enseignants des écoles, collèges et lycées. Elles ne "constituent donc pas un recensement exhaustif de l'ensemble des difficultés qu'ont pu rencontrer les équipes éducatives", relève-t-il. 

Des inspecteurs pédagogiques dépêchés

"Conformément aux instructions de fermeté données par la ministre, toutes les difficultés rencontrées ont été traitées localement, de manière proportionnée à la gravité des faits, par les équipes éducatives et pédagogiques, entre dialogue éducatif et sanctions disciplinaires, allant du rappel à l'ordre en présence de l'élève et de ses parents à la convocation de conseil de discipline", assure le communiqué, ajoutant qu'une quarantaine de situations ont été transmises aux services de police, de gendarmerie ou aux parquets.

"L'éducation nationale ne laissera prospérer aucun comportement contraire aux valeurs de la République", martèle le ministère. "Pour accompagner les personnels dans la gestion de ces événements et ne laisser aucun enseignant démuni ou isolé", ajoute le texte, "la ministre a donné instructions aux recteurs de dépêcher, dès cette semaine, dans chaque établissement qui en exprime le besoin, des inspecteurs pédagogiques habilités à les assister dans leur mission".

"Alarmant" pour Ciotti

Dans un courrier adressé à Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education nationale, le député UMP Eric Ciotti, lui demande que soient suivis les élèves et les familles des mineurs qui n'ont pas respecté la minute de silence en hommage aux victimes de Charlie Hebdo.

"Je demande ainsi à la ministre de l'Éducation nationale de tout mettre en oeuvre pour que les directeurs d'établissements scolaires signalent systématiquement au préfet et au conseil général, responsable de la protection de l'enfance, tout élément laissant craindre la radicalisation de mineurs", a-t-il précisé dans son communiqué. Il qualifie la réaction des élèves récalcitrants de "choquante", "d'alarmante" et d'"insupportable". "Elle ne doit pas être ignorée car elle témoigne d'une défiance si ce n'est d'un embrigadement - qui se généralise en tout lieux qu'ils soient physiques ou numériques sur les réseaux sociaux." 

M.G. avec AFP