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Les profs français plus "livrés à eux-mêmes" que leurs voisins

Les profs de collège français sont moins bien lotis que leurs collègues des autres pays de l'OCDE.

Les profs de collège français sont moins bien lotis que leurs collègues des autres pays de l'OCDE. - -

Une étude se penche sur les conditions de travail des profs de collège... Et ce n'est pas brillant. Manque de formations, isolement, manque de reconnaissance, nos enseignants sont mal lotis.

Les professeurs de collège travaillent "rarement ou jamais en équipe", et se forment peu pendant leur carrière. Dans une enquête publiée mercredi, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pointe une singularité des enseignants du premier cycle du secondaire en France.

"Les enseignants français sont un peu livrés à eux-mêmes", a estimé Eric Charbonnier, expert de l'OCDE, lors de la présentation à Paris de la dernière étude internationale sur l'enseignement et l'apprentissage (Talis).

Plus de 100.000 enseignants et chefs d'établissements du premier cycle de l'enseignement secondaire (élèves âgés de 11 à 16 ans) de 34 pays ont participé à cette enquête, dont un échantillon représentatif de 3.002 Français exerçant dans 204 collèges.

Enseignement et apprentissage - enquête Talis 2013 (OCDE) publié par Fil_actu

> Des professeurs isolés

Peu d'échanges avec les collègues. Cette enquête montre l'isolement des enseignants français: ils sont huit sur dix à ne jamais observer les cours de leurs collègues pour s'en inspirer, contre moins de cinq sur dix, en moyenne, dans l'ensemble des pays étudiés.

Trop peu de retours sur le travail. Pourtant, une large majorité d'entre eux verraient d'un bon oeil un retour sur leur travail. Ils sont même 70% à déclarer que seule une visite de l'inspecteur tient lieu d'évaluation: rare moyen d'avoir une appréciation sur leurs méthodes de travail.

Un manque de pédagogie. "Quatre enseignants sur dix en France sont peu préparés pour appliquer les méthodes de pédagogie" en classe, précise l'OCDE. A tel point que moins d'un tiers des enseignants français varient les exercices en fonction du niveau des élèves dans une classe, par exemple pour ceux qui ont des difficultés.

> Un manque de formations

Peu de formations continues. Outre l'absence d'évaluation, l'enquête de l'OCDE révèle que peu d'enseignants français (76% contre 88% en moyenne) suivent des formations continues, faute de temps ou d'incitation. Selon Eric Charbonnier, les pays considérés comme performants d'après la dernière enquête Pisa de l'OCDE "ont tous mis la formation des enseignants au coeur de leur réforme".

Une profession mal valorisée. Malgré l'absence de suivi et cet isolement, les enseignants se disent satisfaits de leur métier (86%), mais seulement 5% pensent que leur profession est "valorisée dans la société". Par comparaison, en Finlande, aux Pays-Bas, à Singapour ou au Canada entre 40% et 68% des enseignants estiment que la société valorise leur profession.

A. D. avec AFP