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Les cartables des écoliers sont toujours trop lourds

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Les professionnels de la santé s'alarment de nouveau du poids excessif des cartables des écoliers. Il est en moyenne de 8,5 kilos. Pour sensibiliser à ce problème de santé publique, les kinésithérapeutes proposent des consultations gratuites.

Les professionnels de la santé ont beau répéter que ce n’est pas bon pour les enfants, c’est une habitude qui perdure depuis plusieurs générations : les cartables restent trop lourds. Le poids moyen du cartable pour l’écolier français est de 8,5 kilos. C'est deux fois plus que ce que les médecins recommandent, car lorsque le cartable excède 10% du poids de l'enfant, les risques pour le dos sont réels.
C’est d'ailleurs en ce moment au tour des kinésithérapeutes de tirer la sonnette d’alarme. Depuis ce lundi et jusqu'au 29 septembre, 230 praticiens proposent des consultations gratuites des enfants dans le cadre de l'opération "M'ton dos". Les résultats de la précédente campagne menée en 2009 montraient que 78% des enfants et jeunes ados se plaignaient d'avoir mal au dos. Et la plupart attribuait cette douleur au cartable trop lourd.

« Mon cartable pèse 4 ou 5 kilos »

Mais pourquoi est-il trop lourd ce cartable ? Réponse de Louis, 7 ans, en classe de CE2 à Paris : « Dans mon cartable il y a les cahiers pour faire les devoirs, il y a les trousses, des manuels parfois, toujours la pochette de liaison. Il est assez lourd, il doit peser à peu près 4 ou 5 kilos ». 5 kilos alors que Louis n’en pèse que 22, ça fait effectivement lourd. Certaines écoles font des efforts pour limiter le poids des cartables. « Au CP, les enfants rapportent leur cartable à la maison juste le vendredi soir avec leurs cahiers de devoirs, explique Anne, maman de 4 fillettes scolarisés à l’école primaire Saint-Charles, à Paris. Du coup le cartable reste à l'école, il n'y a pas les allers-retours. Au CE1, la maîtresse donne des devoirs d'une semaine sur l'autre. Ça permet aux enfants de choisir ceux qu'ils vont faire le soir et donc de ne pas trimballer tous leurs cahiers ». Dans d’autres écoles, des casiers ont été installés dans les classes pour permettre aux élèves de ne pas tout transporter.

« L'intégrité physique de l'enfant doit être préservée »

Mais de tels dispositifs restent exceptionnels. Ce que regrette Frédéric Srour, vice-président du Syndicat National des Masseurs-Kinésithérapeutes-Rééducateurs et rapporteur du projet "M'ton dos" : « Certains enfants ont des déformations éventuellement de la colonne vertébrale, des scolioses. Ces enfants-là, lorsqu’ils portent un cartable trop lourd majorent le risque sur leur déformation. Pour eux, c'est la double peine. Il y a des rapports médicaux qui montrent que pour traiter le problème chronique du dos chez l'adulte, qui coûte énormément d'argent en termes d'arrêts maladie, de prises de médicaments, de consultations, et bien il fallait traiter le problème dès le plus jeune âge. L'intégrité physique de l'enfant doit être préservée de la même façon qu'on préserve l'intégrité physique d'un travailleur dans une entreprise ».

La Rédaction avec Amélie Rosique