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La France se dote d'un conseil contre le harcèlement scolaire

le ministre de l'Education Luc Chatel a annoncé la mise en place, mardi en France, d'un "Conseil scientifique contre les discriminations scolaires", chargé notamment de lutter contre le harcèlement à l'école. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

le ministre de l'Education Luc Chatel a annoncé la mise en place, mardi en France, d'un "Conseil scientifique contre les discriminations scolaires", chargé notamment de lutter contre le harcèlement à l'école. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau - -

PARIS (Reuters) - Un "Conseil scientifique contre les discriminations scolaires", chargé notamment de lutter contre le harcèlement à l'école, est...

PARIS (Reuters) - Un "Conseil scientifique contre les discriminations scolaires", chargé notamment de lutter contre le harcèlement à l'école, est mis en place mardi en France, a annoncé Luc Chatel.

Selon une étude du président de l'Observatoire international de la violence à l'école, Eric Debarbieux, financée par l'Unicef, un enfant sur dix est victime de coups ou de brimades à l'école en France.

"Les parents voyaient leur enfant revenir de l'école triste, désabusé, qui petit à petit s'éloignait de l'école et personne ne faisait rien. Alors nous avons décidé d'agir", a déclaré le ministre de l'Education sur RTL.

"Le but, c'est que nous ayons une vraie réflexion sur ce sujet, parce que c'est un sujet tabou, on n'avait pas le droit d'en parler", a-t-il expliqué.

Le "Conseil scientifique contre les discriminations scolaires" sera présidé par François Heran, ancien directeur de l'Institut national des études démographiques.

Le sociologue Eric Debarbieux, qui préside les états généraux sur la sécurité à l'école, remettra ses premières propositions en avril, a précisé Luc Chatel.

Au total, 12.326 écoliers de huit à 12 ans ont été interrogés dans 157 établissements du premier degré, du CE2 au CM2, dans huit académies de fin 2009 à fin 2010.

En moyenne, près de neuf élèves sur dix (88,9%) déclarent se sentir "tout à fait bien" ou "plutôt bien" à l'école. Mais 11,7% se disent victimes de violences physiques et verbales.

Dix-sept pour cent des élèves affirment avoir été frappés souvent ou très souvent par d'autres élèves.

A leurs dires, les écoliers du primaire ont été quelquefois (26,9%), souvent (7,5%) ou très souvent (8,7%) affublés d'un surnom méchant.

"Ce n'est pas un problème de supposés sauvageons qui seraient issus de quelques ghettos sociaux. Cela nous interpelle. Il n'est pas acceptable de ne pas protéger ces 10% d'enfants", déclare le président d'Unicef France, Jacques Hintzy, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Les auteurs de l'étude soulignent toutefois face à ce phénomène qu'"on est loin du catastrophisme affolé qui s'est emparé des représentations communes de l'école française".

Sophie Louet, édité par Patrick Vignal