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INFO RMC – Le renseignement français manque d’hommes et de moyens

Selon un rapport parlementaire, le renseignement intérieur français manque de cerveaux et de matériel de pointe.

Selon un rapport parlementaire, le renseignement intérieur français manque de cerveaux et de matériel de pointe. - -

INFO RMC - Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistere et Patrice Verchère, député UMP du Rhône présentent ce mardi à l'Assemblée Nationale un rapport parlementaire consacré à notre système de renseignement qui manque d’hommes et de moyens.

Les Français pourraient être mieux protégés… c’est en substance ce que laisse entendre le rapport sur le renseignement remis ce mardi à l’Assemblée nationale par les députés Jean-Jacques Urvoas et Patrice Verchère. Depuis 7 mois, les parlementaires qui travaillent sur le rapport auditionnent des anciens Premiers ministres, des spécialistes de la défense, des historiens et des directeurs des services de renseignement. Ils se sont rendus au Canada pour voir comment travaillent les services de renseignement là-bas. Ils se sont aussi déplacés à Marseille ou à Notre-Dame-des-Landes pour voir les services de renseignement en action. Résultat, les parlementaires relèvent quelques points négatifs ou à améliorer concernant l’efficacité du renseignement intérieur notamment.

« Renforcer les services de sécurité par le haut »

Selon le rapport, le renseignement intérieur français manque de cerveaux et de matériel de pointe. Notre renseignement intérieur ne dispose pas de spécialistes de la finance alors que les délits de ce type se multiplient. Il ne dispose pas non plus de spécialistes d'internet ou de linguistes alors que 80% des menaces terroristes naissent justement sur Internet. Pour le rapport Urvoas, comme pour Louis Caprioli, ancien sous-directeur de la DST (maintenant la Direction centrale du renseignement intérieur - DCRI) et spécialiste des affaires de terrorisme : « Il faut mieux structurer, mieux organiser. Il faut avoir les personnels compétents pour faire ce type d’activité. Il faut des ingénieurs télécom et des ingénieurs informaticiens. Il faut des gens qui sont issus des grandes écoles. Il faut un renforcement par le haut des services de sécurité ».
Le rapport parlementaire propose ainsi de recruter 300 agents dans les 5 ans qui viennent. Le rapport suggère également de faire des progrès en matière technique : il faut des satellites et des drones plus performants en plus d’un meilleur contrôle des services de renseignement par des commissions indépendantes et par le parlement.

« Pas de la bidouilles, mais de l’adaptation »

Pour Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des Cadres de la Sécurité Intérieure (SCSI) et membre de la DCRI, il faut plus de spécialistes dans les rangs du renseignement français. « Les policiers font avec les moyens qu’ils ont à leur disposition sans avoir forcément connaissance de tous les arcanes techniques qui ont évolué ces dernières années. Ce n’est pas de la bidouille mais c’est de l’adaptation permanente avec des moyens limités. Avec l'apport de spécialistes, ça complètera l’expérience des policiers actifs. Il faut que l’enveloppe budgétaire soit mise à niveau pour que le recrutement des uns ne se fasse pas au détriment de ce qui doit quand même rester la police : filatures et surveillance qu’un spécialiste informatique ne pourra pas aller chercher ».

« La France est à la traine »

Un autre problème de la France est qu’elle dispose de deux grands services de renseignement distincts. Et, selon Jean-Marc Bailleul, cela ne favorise pas les économies d’échelle. « La France est à la traine, dit-il. Il existe deux services de renseignement intérieur et extérieur (Direction générale de la sécurité extérieure - DGSE) et les budgets alloués à la DGSE sont considérables. N’y aurait-il pas à inventer un nouveau mode de fonctionnement afin que certaines spécialités soient mutualisées entre les deux directions dans le but de mieux lutter contre le terrorisme ».

Les 6 services de renseignement|||

Il faut savoir qu'il y a en France, 6 services qui travaillent pour le renseignement : - la DGSE (sécurité extérieure) - la DCRI (renseignement intérieur) - la DRM (direction du renseignement militaire) - la DNRED (direction du renseignement et des enquêtes douanières) - et enfin Tracfin, le service de traitement du renseignement et d'action contre les circuits financiers clandestins. Au total 13 000 agents dont 5 000 à la DGSE.

Tugdual de Dieuleveult avec S.Collié