BFMTV

« Gérer les enseignants autrement » et mieux les payer ?

Selon la Cour des Comptes, il faut mieux gérer la répartition des enseignants, mieux gérer les moyens mis à leurs disposition.

Selon la Cour des Comptes, il faut mieux gérer la répartition des enseignants, mieux gérer les moyens mis à leurs disposition. - -

La Cour des Comptes a rendu public mercredi un rapport sur l’utilisation des profs intitulé « Gérer les enseignants autrement ». Les Sages estiment que le problème ce n’est pas les moyens mais la répartition de ceux-ci et des enseignants. Certains en profiteraient bien pour instaurer la rémunération au mérite.

Mieux gérer la répartition des enseignants, mieux gérer les moyens mis à leur disposition, telles sont les recommandations de la Cour des Comptes dans son rapport rendu public mercredi et intitulé « Gérer les enseignants autrement ». Les conclusions du rapport sont assez claires : il n’y a pas trop ou pas assez de professeurs, ils sont simplement mal gérés et mal répartis. Leur gestion souffrirait de "multiples dysfonctionnements" selon la Cour, qui prône une "réforme d'ensemble" pour aboutir à une revalorisation de leur métier, afin de surmonter la double crise des vocations et de la baisse des résultats des élèves.

Parmi les recommandations de la Cour pour la gestion des enseignants :

- « Redéfinir » le métier d'enseignant, car aujourd'hui seules les heures de cours, devant les élèves, figurent dans les « obligations de service ». - « Mieux valoriser » les enseignants. Selon l'Insee, sur les traitements perçus en 2009, « la rémunération nette annuelle des enseignants est inférieure de 35% à celle d'un cadre non enseignant de la fonction publique ». - « Affecter les enseignants en fonction de la réalité des postes et des projets d'établissements » et instituer dès la formation initiale la possibilité d'enseigner deux ou plusieurs disciplines au collège. - Mettre en place une « gestion de proximité des ressources humaines, communes au premier et au second degrés ».

« L’amour du métier ne fait pas vivre »

Mieux revaloriser le métier d’enseignant passe évidemment par une revalorisation du salaire qui devrait selon certains être distribué en fonction du mérite. Car 3 600 euros bruts en fin de carrière, c'est trop peu pour Jérémy Bougrin, professeur d'histoire-géographie. « Les jeunes professeurs, explique-t-il en souriant, quand ils rentrent dans le métier, finalement ne gagnent pas beaucoup moins qu’un professeur qui a 10 ou 15 ans de métier. Alors, bien sûr, il y a l’amour du métier mais ce n’est pas cela qui fait vivre. Travailler plus pour gagner plus, au fond, ce n’est pas si idiot que ça. Ce n’est pas la carotte qui fait avancer, mais ce serait pas mal. Et en plus cela permettrait de se différencier de ceux qui n’assurent même pas le minimum ». Brigitte Chao, professeur d'anglais depuis 30 ans, estime pour sa part qu’il est plus important d’augmenter le nombre de professeurs dans les établissements : « Sans demander la lune, nos conditions de travail sont réellement dégradées. On a des classes avec plus d’effectifs. Si on ne demande pas plus de moyens, c’est clairement difficile ».

Tugdual de Dieuleveult avec JB. Durand