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En 2017, "Bac" rimait avec "couacs"

Plusieurs couacs ont entaché l'édition 2017 du baccalauréat.

Plusieurs couacs ont entaché l'édition 2017 du baccalauréat. - FREDERICK FLORIN / AFP

Accompagné de son lot de couacs et de dysfonctionnements en tout genre, le baccalauréat 2017 n'a pas échappé à la tradition. De nombreux enseignants et élèves appellent aujourd'hui à une réforme profonde de cet examen vieux de plus de 200 ans.

Ils devront plancher une journée supplémentaire avant de partir en vacances. 18.000 candidats au bac technologique devront repasser l’épreuve d’espagnol LV1 ce vendredi. Et pour cause, lundi dernier, jour de l’examen, plusieurs professeurs ont remarqué que le sujet distribué était déjà tombé en septembre à l’occasion de la session de remplacement du baccalauréat 2016. Une erreur imposant l’annulation et le report de l’épreuve.

"Je ne suis pas content parce que nous devons le repasser alors que pour les autres, c’est terminé. […] Comment ont-ils pu se tromper pour des copies de bac?", s’interroge Alione, candidat au bac STMG, devant les caméras de BFMTV. Une enquête a été ouverte au ministère de l’Éducation nationale pour faire la lumière sur cet incident.

Quinze sujets erronés, six remplacés 

Il n’empêche que ce genre de dysfonctionnement pose question. D’autant qu’il est loin d’être isolé. Le baccalauréat 2017 a en effet été marqué par une série de couacs. Dans la filière ST2S (médico-social), les élèves se sont vus proposer deux exercices presque identiques à ceux de l’an dernier à l’épreuve d’histoire-géographie, rapporte Le Parisien. Le Snes, syndicat majoritaire des enseignants du second degré, déplore "la légèreté avec laquelle ont été choisis certains sujets".

Au total, pas moins de quinze sujets comportant des erreurs ont été rectifiés ou corrigés en cours d’épreuve lors de la session 2017 du baccalauréat. De la même manière, six sujets de secours ont été déclenchés en raison du risque de fuite. Si ce chiffre est en baisse par rapport à l’année dernière (onze sujets remplacés), l’effet des réseaux sociaux reste dévastateur dans ce genre de cas.

Des sujets vivement critiqués

Au-délà de ces dysfonctionnements, les sujets sont de plus en plus contestés par les candidats eux-mêmes. Sur internet, plusieurs pétitions témoignent du mécontentement des élèves qui évoquent des "pièges". C’est le cas des filières technologiques qui ont déploré la longueur de l’épreuve d’anglais, des filières ES et L qui auraient dû, selon elles, avoir la géographie en thème dominant lors de l’examen d’histoire-géographie, ou des candidats de la filière S qui ont jugé le sujet de mathématiques "extrêmement difficile".

Un désagrément parfois partagé par enseignants: "Il n’est pas correct de déstabiliser les élèves. […] Je cite de tête ‘Socialisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1949’. Je veux bien de ce sujet au CAPES, à Sciences Po... Mais cela me paraît un sujet bien pointu pour des élèves de Terminale", souligne Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat des chefs d’établissements, sur BFMTV.

Face au mécontentement des élèves et aux couacs en série, de nombreuses voix s’élèvent en faveur d’une réforme urgente du baccalauréat: "La meilleure solution serait que le bac soit passé dans quelques matières et qu’il y ait un contrôle continu tout au long de l’année. On est effectivement au bout d'un système", assure Hervé-Jean Le Niger, vice-président de la fédération des conseils de parents d’élèves. Une proposition envisagée par le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer. Mais ce dernier ne devrait pas s’atteler à une réforme de telle envergure avant deux ou trois ans.

Paul Louis